Les restaurants parisiens renouent avec la tradition

Des restaurants parisiens reprennent du service, portés par une nouvelle génération de chefs et de créatifs qui insufflent un élan nouveau aux grandes tables et à la cuisine traditionnelle. Ces établissements, dont beaucoup ont une longue histoire, s'adaptent aux goûts contemporains tout en préservant leur patrimoine unique.

Prunier rouvre avec un éclat historique

Prunier, une institution parisienne depuis 1924, reprend du service avec son caviar toujours à l'honneur. Le restaurant conserve sa façade en mosaïque bleu-vert, signée Auguste Labouret et classée monument historique. À l'intérieur, le chef Romain Fornell et l'architecte d'intérieur Lázaro Rosa-Violán perpétuent la vision d'Émile Prunier, qui fit de l'adresse de l'avenue Victor-Hugo un lieu de rendez-vous privilégié des gourmets.

La Boule Rouge se réinvente

La Boule Rouge, reprise par Émile Bonnin et Hugo Audoire, tourne une page de son histoire. Ancienne cantine tunisienne chaleureuse de Raymond Haddad, décédé en août 2024, l'adresse se réinvente dans un registre plus gastronomique, chic et intime. Dans la grande salle en bois, les miroirs gravés et les boiseries ont résisté à l'épreuve du temps.

Le Grand Véfour entre dans une nouvelle ère

Le Grand Véfour, niché sous les arcades du Palais-Royal depuis 1784, ouvre un nouveau chapitre de son histoire, écrit par Laurent de Gourcuff, à la tête de Paris Society. Le restaurant, classé monument historique depuis 1983, retrouve un nouvel élan. Le chef Bruno Doucet revisite la partition française, mettant le produit à l'honneur grâce à sa maîtrise de la flamme et à la justesse de ses assaisonnements.

Lucas Carton poursuit son héritage

Lucas Carton, sous la direction de Cyril Lignac, poursuit son épopée dans l'effervescence de Pigalle. Inaugurée en 1860 sous le nom de La Taverne de France, l'institution de la place de la Madeleine entend faire dialoguer son patrimoine gastronomique avec une vision contemporaine de la grande table parisienne.

Doobie's revient avec une énergie nouvelle

Doobie's, après vingt ans de silence, rallume les amplificateurs. Né en 1937 rue Marbeuf, ce haut lieu des nuits parisiennes des années 1990 renaît sous la forme d'une maison de collectionneur imaginée par l'architecte Arnaud Behzadi. En cuisine, le chef David Mantilla défend une cuisine française généreuse, prélude à une fête qui se poursuit au bar, puis dans le club à l'ambiance speakeasy.

Le Poisson Volant réinventé

Le Poisson Volant, un restaurant-club installé aux 5-7, rue Marguerite-Moret, dans le 11e arrondissement, prend une nouvelle vie sous l'impulsion de Walter Butler. L'adresse, connue à l'origine sous le nom d'Alcazar et ouverte en 1968, a longtemps volé des heures de sommeil à ses noctambules, dont le groupe de Serge Gainsbourg et Jane Birkin.

L'Auberge Bressane revient à la tradition

L'Auberge Bressane, surnommée « La Bourgogne à Paris depuis 1946 », reprend du service au 16, avenue de la Motte-Picquet. Le restaurant, racheté par le groupe Laperouse, conserve son décor rustique, avec boiseries, banquettes en cuir et tapisseries. Le répertoire français comprend les œufs en meurette, les quenelles de brochet, le soufflé au comté ou au Grand Marnier, le gratin de crevettes, le tout accompagné d'un large choix de bons vins.

Grand Venise rouvre avec une touche italienne

Grand Venise, dont la fermeture avait marqué la fin d'une époque, est de retour, à quelques pas de son adresse historique. Désormais tourné vers les Invalides, le restaurant cultive l'esprit de son aîné : une cuisine italienne généreuse orchestrée par le chef Luca Famiglietti, originaire des Pouilles, un décor raffiné et une carte de cocktails soigneusement élaborée.