Le commissaire européen Christophe Hansen souligne le rôle essentiel de l'élevage dans l'agriculture, alors que la réforme de la PAC 2028-2034 se heurte à des défis et débats sur le financement et le soutien.
Le commissaire porte une cravate ornée de vaches
Le commissaire européen Christophe Hansen s'est adressé aux participants du Sommet de l'élevage le 6 octobre par visioconférence, portant une cravate ornée de vaches, dans le cadre des efforts visant à réaffirmer le rôle de l'élevage dans l'agriculture européenne.La réforme de la PAC veut soutenir davantage
La nouvelle réforme de la PAC 2028-2034, qui ne sera pas finalisée avant le début de l'année 2027, vise à relever le plafond des aides couplées de 13 % à 20 %, voire 25 % dans certaines conditions. La Commission européenne a proposé une stratégie dédiée au secteur, comprenant la création d'une prime à l'herbe pour encourager le maintien des prairies et la poursuite des indemnités compensatoires pour les zones défavorisées.Les réformes passées ont fait mal sur le terrain
La réforme de la PAC entrée en vigueur en 2023 a laissé des traces à Cournon d'Auvergne, où le soutien aux bovins allaitants a été remplacé par une aide calculée en fonction des UGB, pénalisant de nombreuses exploitations d'élevage françaises. Le commissaire Hansen a souligné que l'élevage représente 40 % de la valeur ajoutée de l'agriculture européenne, 400 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 7 millions d'emplois. Il s'est présenté comme le fils et le frère d'un agriculteur.Partisans et critiques prennent la parole
Brigitte Misonne, représentante de la Commission européenne au Sommet de l'élevage, a déclaré que la stratégie vise à montrer que l'élevage est une activité noble. L'eurodéputé Norbert Lins a mis en garde contre le risque que la stratégie pour l'élevage ne devienne un outil de réduction structurelle du secteur. Patrick Bénézit, président de la FNB, a estimé que la stratégie donne de l'espoir, tout en mettant en garde contre toute remise en cause des propositions.Des niveaux de financement en discussion
La Commission européenne propose d'allouer au moins 300 milliards d'euros au soutien du revenu agricole et à la gestion des crises pour la prochaine PAC, contre près de 387 milliards d'euros actuellement. Pour la France, la baisse annoncée atteindrait 22 %. Ursula von der Leyen a annoncé la possibilité de mobiliser jusqu'à 45 milliards d'euros supplémentaires à partir de 2028, mais il ne s'agit pas d'argent nouveau, les montants devant être prélevés sur d'autres enveloppes, gérées par les États membres.Un accent sur l'environnement et le climat
La Commission propose de fusionner les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) avec les écorégimes dans un programme intitulé « actions agroenvironnementales et climatiques ». Le système dépendrait davantage des capacités budgétaires nationales, avec un cofinancement de 30 % par les niveaux européen et national. Le risque est que les ambitions environnementales varient selon les ressources mobilisées par chaque pays.Un ciblage revu des aides
La Commission européenne entend travailler sur la répartition des aides en redéfinissant l'« agriculteur actif » afin de mieux cibler les bénéficiaires. Bruxelles souhaite également dégressiver le soutien au revenu, avec un seuil de 20 000 euros par an et par agriculteur, et un plafond de 100 000 euros. L'objectif est de mieux redistribuer le soutien à ceux qui se trouvent dans des zones particulières ou dans des situations spécifiques, comme les jeunes agriculteurs ou les petites exploitations.Les défis d'une Europe en mutation
Brigitte Misonne a souligné que l'Europe d'aujourd'hui n'est plus celle d'il y a sept ans, avec une guerre à ses frontières et des drones attaquant le territoire européen. Préserver 300 milliards d'euros pour le soutien au revenu agricole est déjà une « bataille difficile ». La future PAC se dessine dans un contexte de transition, lié à l'éventuel élargissement de l'Union vers l'est. La Commission anticipe l'intégration de l'Ukraine, relevant que certaines mesures, comme la dégressivité du soutien au revenu, vont dans ce sens.