Les éleveurs laitiers en France sont confrontés à une crise financière sévère en raison d’une chute brutale des prix du lait, qui ont baissé de 60 euros pour 1 000 litres par rapport à des coûts de production estimés à 482 euros. Cette situation a été mise en lumière lors du Sommet de l’élevage, où des responsables de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) ont décrit les défis auxquels font face les éleveurs laitiers, notamment la sécheresse et la hausse des coûts de production. Cyril Godefroy, éleveur laitier en Haute-Loire, a déclaré que lancer une exploitation laitière avec les prix actuels ne serait pas viable, et de nombreux agriculteurs s’inquiètent de pouvoir nourrir leurs vaches pendant l’hiver. Les éleveurs laitiers critiquent également le plan CASI, qu’ils estiment ne pas avoir pris en compte leurs besoins réels. Le système d’indexation du plan évalue les pertes fourragères entre 30 et 40 %, mais les agriculteurs rapportent des pertes plus proches de 50 à 60 %. Yohann Barbe, président de la FNPL, a appelé à une expertise de terrain et à des compensations correspondant aux pertes réelles. Il a exhorté la ministre Annie Genevard à assister au Sommet et à apporter des garanties, les agriculteurs recherchant des solutions concrètes. Stéphane Joandel, président de la section laitière régionale Auvergne-Rhône-Alpes et secrétaire général de la FNPL, a souligné que, sans une remontée des prix du lait au niveau des coûts de production, l’élevage laitier ne sera pas durable. Il a noté que l’agriculture traverse une situation critique, les observations par satellite ne correspondant pas aux réalités observées sur le terrain. Les agriculteurs ont critiqué l’Indice prairie et les observations par satellite, qu’ils jugent dépassés et déconnectés du terrain. L’Indice prairie n’a pas été mis à jour depuis 2016, et aucune corrélation satellite-sol n’a été vérifiée depuis 2019. Jean-Luc Perrin, secrétaire général de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, a estimé que les 1,5 milliard d’euros annoncés par l’État pour faire face à la sécheresse historique ne suffisent pas. Annie Genevard devrait assister au Sommet de l’élevage ce jeudi 8 octobre, et les agriculteurs espèrent une position claire et des mesures décisives de sa part. La visite pourrait être reportée à jeudi. Les agriculteurs, représentés par des organisations comme la FNSEA et les JA, ont également critiqué le système d’assurance lors du Sommet, y compris sur les stands de plusieurs assureurs et du ministère de l’Agriculture. Après un été caniculaire, les tensions sont vives, les exploitations étant décrites comme « en grande détresse », et les animaux souffrant des fortes chaleurs malgré les efforts des éleveurs.