Le syndicat agricole français FNPL a réagi à la décision de Savencia de « mettre fin à ses relations commerciales » avec la coopérative OP Les 3 Rivières, impliquée dans la production laitière, à la suite de la conférence de presse du Sommet de l’Élevage qui s’est tenu le 6 octobre. Ce sommet a abordé plusieurs enjeux pressants, dont la sécheresse, la compensation de solidarité nationale et les prix du lait. Éric Richard, président de Criel Alpes-Massif et représentant de la FDSEA, a souligné qu’un an après la crise provoquée par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le secteur fait désormais face à un nouveau défi lié à la sécheresse. Celle-ci a durement touché les systèmes de prairies, essentiels pour le pâturage des animaux, tandis que la hausse des coûts et des prix du lait non rentables ont aggravé la situation. Richard a relevé que la réduction des troupeaux, déjà en cours, s’accélère, et que la pousse de l’herbe en fin de saison est fortement affectée par le manque de précipitations.
Yoann Barbe, président du syndicat, a insisté sur la nécessité d’un soutien financier pour compenser les pertes de production fourragère, via le mécanisme de compensation de solidarité nationale (ISN). Créé pour remplacer le dispositif de calamité agricole, l’ISN évalue les pertes de rendement depuis le printemps, les estimant entre 30 et 40 %. Cependant, les pertes dans les exploitations laitières peuvent atteindre 50 à 60 %. L’ISN indemnise les agriculteurs non assurés, avec une franchise de 30 %, calculée à partir de données satellitaires mesurant les variations de croissance de l’herbe. Barbe a indiqué que le syndicat demande depuis cet été un renforcement de l’expertise de terrain sur des exploitations de référence dans les petites régions agricoles, sans succès. Il a appelé le gouvernement à renforcer l’ISN dans le projet de loi de finances 2027, à l’image du budget alloué l’an dernier pour soutenir les éleveurs laitiers touchés par la DNC.
Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL, a estimé qu’un signal fort des acteurs privés et coopératifs est nécessaire pour permettre aux agriculteurs de tenir jusqu’au printemps prochain. Avec un coût de production du lait fixé à 482 euros pour 2025 par l’interprofession et une hausse estimée à 60 euros par l’Institut de l’Élevage, le déficit de financement reste important. La FNPL devrait prochainement se prononcer sur la décision de Savencia de mettre fin à ses relations commerciales avec l’OP Les 3 Rivières, s’interrogeant sur les limites d’un système où une entreprise industrielle peut rompre une relation contractuelle à sa guise ou lorsque les négociations ne répondent pas à ses attentes. Le syndicat s’est aussi interrogé sur le rôle des coopératives, qui seraient systématiquement appelées à reprendre les volumes que certains opérateurs privés ne souhaitent plus.
L'industrie laitière française confrontée à de nouveaux défis en raison de la sécheresse et de litiges contractuels
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Web-agri



