Les arènes de Nîmes, autrefois un amphithéâtre romain, furent transformées en forteresse médiévale puis restaurées pour accueillir corridas et concerts.
L'usage originel de l'amphithéâtre romain
L'amphithéâtre de Nîmes, un édifice romain mesurant 133 mètres de long sur 101 mètres de large, avec une façade haute de 21 mètres et deux niveaux de 60 arches chacun, accueillait à l'origine des combats de gladiateurs et des chasses aux animaux.Une nouvelle vocation après l'interdiction
Après l'interdiction de ces spectacles, les Wisigoths transformèrent l'amphithéâtre en forteresse : ils bouchèrent des arches, creusèrent des fossés et ajoutèrent des tours. Pendant l'Antiquité tardive et le Moyen Âge, la population utilisa le site comme refuge en période d'insécurité.Occupation médiévale et constructions
Connu sous le nom de castrum arenae, ou « Château de l'Arène », depuis le IXe siècle, le site abritait deux églises, 220 maisons et un château. Le chiffre de 220 se rapporte au castrum médiéval, tel que rapporté par Wikipédia et le Musée du patrimoine, et non au quartier existant à l'époque du décret de 1786.Le début des travaux de restauration
Le décret du conseil royal du 28 mars 1786 ordonna la restauration de l'amphithéâtre et la destruction des maisons situées à l'intérieur et contre l'édifice. Cette mesure faisait partie d'un vaste effort d'embellissement de Nîmes, incluant les jardins de la Fontaine, commencés entre 1740 et 1750.Retards du projet et reprise
Le projet avança parallèlement à la démolition des anciens remparts médiévaux, afin de créer des boulevards et des promenades. La ville racheta les maisons pour les démolir, mais la Révolution interrompit le projet. Un décret impérial signé le 2 février 1809 relança les travaux. Un plan de la même année distingue par des couleurs les maisons déjà démolies, celles prévues pour la démolition et celles qui seraient démolies plus tard.Abandon et peuplement médiéval
Le château de l'Arène fut abandonné vers 1390, et l'occupation par la population commença peu après. Au XIIe siècle, les chevaliers de l'Arène étaient apparus, et une chronologie historique du monument fut placée vers 100 à l'intérieur, en 1226.L'occupation et ses effets
Le quartier fut habité jusqu'au XIXe siècle, bien que certains auteurs suggèrent que la densité du voisinage ait pu entraîner des conditions insalubres. Les dégâts subis par l'amphithéâtre comprennent des gradins démontés pour des constructions, des arches occupées et la piste transformée en cour intérieure.Démolition et renaissance
La démolition du quartier, qui s'étendit sur plusieurs siècles, fut achevée vers 1812 ou 1813, selon les différentes sources. Une fois dégagé, l'amphithéâtre retrouva sa fonction originelle de lieu de spectacle.Usages modernes et préservation
La première course camarguaise est datée de 1839, et la première corrida de 1853. Le monument fut classé monument historique en 1840 et transformé en arène en 1863. Aujourd'hui, il accueille des visites, des corridas et des concerts, notamment ceux du Festival de Nîmes en été. Les mêmes gradins démontés par les habitants accueillent désormais des milliers de spectateurs, dans un bâtiment que les spécialistes classent parmi les amphithéâtres antiques les mieux conservés au monde.