Les prix des carburants en France ont fortement augmenté depuis le début de la guerre en Iran en février, avec le supercarburant 95 passant d’une moyenne de juste plus de 1,70 euro le litre à plus de 2,20 euros le litre. Cette hausse illustre la dépendance persistante du pays aux véhicules thermiques, puisque 93 % du parc automobile français est encore composé de voitures essence ou diesel. Le secteur des transports représente la principale source d’émissions de gaz à effet de serre en France, avec 34 % des émissions totales. Les choix politiques, notamment les incitations fiscales, le soutien à l’électrification des véhicules, le développement des transports collectifs et les malus écologiques sur les véhicules polluants, ont influencé cette situation. À l’Assemblée nationale, un clivage clair se dessine entre le bloc de gauche (79 % à 86 % des voix en faveur de la réduction de la dépendance aux véhicules essence) et le groupe macroniste EPR (43 %) jusqu’au Rassemblement national (9 %). Divers groupes politiques ont proposé des solutions pour faire face à la hausse des prix des carburants, comme la baisse de la TVA sur les carburants, le gel des prix à la pompe ou encore la suppression de la TVA sur la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). Cependant, ces mesures se sont heurtées à des oppositions ou n’ont pas abouti, souvent en raison de craintes liées à un bénéfice pour les ménages aisés ou à une aggravation de la dépendance aux énergies fossiles. La pénalité écologique sur les véhicules polluants, incluant le « malus poids » et le « malus CO₂ », a fait l’objet de débats à l’Assemblée nationale. Le RN et ses alliés s’y sont opposés, tandis que les non-inscrits et les écologistes ont soutenu leur renforcement pour décourager l’achat de véhicules lourds et favoriser des voitures plus petites et moins gourmandes en carburant. Le durcissement de ces taxes a été un point de friction, le RN et l’UDR s’opposant notamment aux mesures visant à abaisser le seuil de déclenchement du malus poids. L’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035, décidée par l’Union européenne, a également été contestée à l’Assemblée nationale. Le RN et ses alliés s’y sont opposés, tandis que la gauche l’a soutenue. Les systèmes de recharge pour véhicules électriques ont aussi alimenté les débats, avec un soutien limité à l’extension des crédits d’impôt pour leur installation. Les efforts pour encourager l’adoption des véhicules électriques incluent des mesures comme la réservation des taxes annuelles incitatives aux voitures électriques plutôt qu’aux hybrides rechargeables, ou encore l’intégration du rétrofit dans les obligations de renouvellement des flottes de véhicules d’entreprise. Pourtant, ces initiatives ont rencontré l’opposition du groupe macroniste et d’autres. La construction de routes et d’autoroutes a également été un sujet de discorde, la gauche s’y opposant tandis que le centre et l’extrême droite y sont favorables. Le RN a proposé des mesures pour réduire la taxe sur la distance parcourue sur le réseau autoroutier et la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport longue distance, bien que ces propositions aient reçu un soutien limité. Les transports en commun et les infrastructures cyclables ont été proposées comme alternatives à la voiture, avec la gauche défendant des mesures comme la baisse de la TVA sur les services de transport public, l’augmentation du budget ferroviaire et le développement des pistes cyclables. Ces propositions se sont toutefois heurtées à l’opposition du centre, de la droite et de l’extrême droite. Les zones à faibles émissions (ZFE), destinées à réduire la pollution atmosphérique, ont été contestées à l’Assemblée nationale, les députés LR et RN proposant leur suppression. Cette suppression a toutefois été censurée par le Conseil constitutionnel. L’efficacité des ZFE dépend du développement d’alternatives crédibles, comme les transports en commun et les infrastructures cyclables. La crise énergétique actuelle met en lumière les choix politiques ayant conduit à une dépendance persistante aux véhicules thermiques. À l’approche de l’élection présidentielle, les réponses politiques pour réduire la consommation par des mesures de sobriété restent absentes des débats, soulevant des questions sur l’avenir des politiques énergétiques et de transport en France.