L'historienne Margaret MacMillan met en garde contre une nouvelle ère mondiale marquée par les conflits, l'IA et le changement climatique, les dirigeants n'étant pas préparés aux défis à venir.
Un historien met en garde contre un monde mal préparé
La historienne canadienne Margaret MacMillan, dans un essai publié par The New York Times, soutient que le monde entre dans une nouvelle phase à laquelle ses dirigeants, ses institutions et ses citoyens ne sont pas suffisamment préparés. L'essai, publié pour la première fois le 4 octobre puis republié le 30 octobre, compare les catastrophes naturelles aux affaires humaines et suggère que, de la même manière que les tempêtes annoncent leur arrivée par des signes avant-coureurs, les grands bouleversements politiques et sociaux mondiaux en présentent aussi.Les facteurs à l'origine des changements mondiaux
MacMillan met en lumière plusieurs facteurs qui contribuent à ce basculement, notamment les guerres asymétriques, les perturbations climatiques et la révolution de l'intelligence artificielle. Elle cite le Programme de données sur les conflits d'Uppsala, qui a recensé 65 conflits impliquant des États l'année dernière, un record depuis 1946. La guerre en Ukraine, censée être brève, en est désormais à sa cinquième année, et l'Iran a déployé des drones bon marché produits en masse pour attaquer les forces américaines et leurs alliés.Les risques liés à l'intelligence artificielle
L'historienne souligne également la progression rapide de l'intelligence artificielle, qui se développe sans régulation et menace l'emploi, la sécurité et, potentiellement, l'existence même de l'humanité. Elle note que les économies développées ont atteint des niveaux d'endettement historiques et que la réduction de l'aide médicale et alimentaire a provoqué des décès évitables et contribué à la propagation de maladies qui pourraient devenir de nouvelles pandémies.Parallèles historiques et leçons
MacMillan établit des parallèles historiques, en évoquant la Révolution française, la révolution russe de 1917 et l'ascension d'Hitler en Allemagne. Elle observe que, dans chacun de ces cas, les élites au pouvoir n'ont pas reconnu la fragilité de leurs régimes avant qu'il ne soit trop tard. Elle mentionne aussi la réponse du gouvernement britannique aux pressions de la classe moyenne dans les années 1820, qui a conduit au Great Reform Act de 1832, lequel a élargi le droit de vote et évité une crise plus générale.L'érosion de l'ordre international
L'essai aborde l'érosion de l'ordre international qui a prévalu pendant une grande partie du XXe siècle, et relève que les États-Unis, jadis garants du système mis en place après 1945, ont renoncé à leur rôle de superpuissance bienveillante sous la présidence de Donald Trump. Elle suggère toutefois que d'autres pays, dont le Canada, l'Australie et le Japon, collaborent pour combler le vide laissé par les États-Unis.Un avenir incertain et la nécessité de s'adapter
MacMillan évoque également la possibilité d'une longue période de désordre, au cours de laquelle catastrophes naturelles, conflits et concurrence pour les ressources pourraient conduire à des issues imprévisibles. Elle insiste sur l'importance de reconnaître la gravité de la situation actuelle et de s'adapter à la nouvelle réalité, plutôt que de s'accrocher au passé.