Le nouveau secrétaire général de l'ONU fait face à une crise du multilatéralisme : déséquilibres de pouvoir, risques liés à l'IA et défis climatiques secouent les institutions mondiales.
Nomination d'un nouveau secrétaire général de l'ONU
Un nouveau secrétaire général des Nations unies sera choisi dans les prochaines semaines, alors que l'avenir de l'Organisation et du système de coopération internationale mis en place après la Seconde Guerre mondiale suscite des inquiétudes.Trois menaces pour le multilatéralisme
L'avenir du multilatéralisme fait face à trois grands défis. Le premier est le retour de la force et le mépris du droit international, notamment de la part de membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Cela se constate dans les conflits en Ukraine, à Gaza, au Venezuela et en Iran, où l'intégrité territoriale des États est violée.L'influence croissante du Sud global
Le deuxième défi vient de l'influence croissante du Sud global dans les relations internationales. Les institutions traditionnelles, comme les Nations unies et le système de Bretton Woods, ont été créées dans un monde dominé par l'Occident et ne représentent souvent pas suffisamment le reste du monde. Cela a conduit à des initiatives comme les BRICS, qui visent à instaurer un ordre mondial plus équilibré et multipolaire.L'inefficacité des institutions internationales
Le troisième défi tient à l'inefficacité des institutions internationales face à des enjeux mondiaux complexes, comme le changement climatique et l'intelligence artificielle. Le système westphalien, centré sur l'État-nation, est jugé dépassé pour gérer ces défis. De nouvelles formes de gouvernance associant les entreprises, la société civile et les communautés scientifiques sont nécessaires.Régulation de l'IA et dialogue public-privé
Les efforts pour réguler l'intelligence artificielle ont gagné en élan. La France, qui assure la présidence actuelle, a invité les dirigeants des grandes entreprises d'IA à discuter des risques et des règles avec le Conseil de sécurité des Nations unies. Cela marque une nouvelle approche, qui associe des acteurs privés à la prise de décision internationale.La contribution du secteur privé aux objectifs mondiaux
Des initiatives du secteur privé, comme le Pacte de la mode, montrent comment les entreprises peuvent contribuer à des objectifs mondiaux, comme la réduction des émissions de carbone. L'industrie de la mode, grande source de pollution, s'est engagée à utiliser des énergies renouvelables et à atteindre zéro émission d'ici 2050.Besoin d'une conférence de refondation
Pour relever ces défis, un nouveau secrétaire général de l'ONU pourrait appeler à une grande « conférence de refondation », semblable à la réunion de San Francisco de 1945 qui a créé l'ONU. Elle viserait à renouveler l'Organisation et à répondre aux menaces actuelles qui pèsent sur son efficacité.Le rôle de la France dans la réforme de l'ONU
La France a engagé des démarches pour réformer l'ONU, notamment des initiatives visant à limiter l'usage du droit de veto au Conseil de sécurité et à promouvoir des cartes du monde plus fidèles à la réalité. Ces efforts montrent que des progrès sont possibles et préparent le terrain pour une conférence de réforme plus large.La coopération mondiale reste indispensable
Malgré la fragmentation croissante du monde, la coopération entre différentes régions et traditions politiques reste forte. Le Sommet des partenaires pour le multilatéralisme, à New York, a montré qu'une approche multilatérale solide reste possible et nécessaire.Tirer les leçons du passé pour affronter l'avenir
L'histoire montre que la coopération mondiale peut faire face à des menaces existentielles, comme le Traité de non-prolifération dans les années 1960. Aujourd'hui, des efforts similaires pourraient permettre de réguler l'intelligence artificielle et d'éviter une crise mondiale. La survie de l'ONU dépend de cette action collective.