Crise du multilatéralisme qui s'intensifie

La crise du multilatéralisme s'est aggravée à cause des actions unilatérales des États-Unis sous l'administration Trump, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'avenir de la gouvernance économique mondiale. Ce problème s'est accentué depuis le début des années 2000, les grandes économies émergentes contestant les forums et institutions existants, car elles s'estiment sous-représentées dans la prise de décision mondiale.

Un multilatéralisme sous tension

La coopération économique et financière mondiale repose sur des règles, des institutions et un dialogue multilatéral. Pourtant, ces règles sont de plus en plus bafouées, et la légitimité des institutions est remise en question. Les décisions de l'administration Trump, comme le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat en 2017, ont porté un coup sévère aux efforts multilatéraux et ont mis en lumière un virage vers une approche plus transactionnelle et fondée sur le rapport de force.

Les racines de la crise

La crise de la gouvernance économique multilatérale est antérieure à la présidence de Trump et ne peut être résolue uniquement par son départ. Son administration a accéléré l'effondrement d'un ordre mondial déjà en équilibre précaire. Cela a mis en évidence les faiblesses des institutions créées à l'après-guerre, qui n'ont pas suivi le déplacement de l'activité économique vers le Sud global.

Les économies émergentes remettent en cause les institutions

Les grandes économies émergentes contestent la représentativité et la légitimité des institutions établies lors de la conférence de Bretton Woods en 1944. Par exemple, la part de la Chine au Fonds monétaire international (FMI) est nettement inférieure à celle des États-Unis et de l'Union européenne. Cette situation a conduit à la création d'institutions financières alternatives, comme la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures et la Nouvelle Banque de développement.

Le rôle du G7 et du G20 dans la gouvernance mondiale

Le G7, qui représente près de 44 % du PIB mondial mais moins de 10 % de la population mondiale, conserve une influence certaine, mais il est critiqué pour ne pas traiter les grands enjeux mondiaux. Le G20, créé pour associer les économies émergentes, a perdu une partie de son élan initial et reflète désormais souvent les priorités des présidences tournantes.

L'expansion des BRICS et la concurrence mondiale

L'élargissement du groupe des BRICS en 2023, avec de nouveaux membres issus du Moyen-Orient et d'Afrique, traduit un défi à une gouvernance mondiale dominée par les pays avancés. Les BRICS représentent désormais une part importante de l'économie et de la population mondiales, et se positionnent comme un contrepoids au G7 pour les économies émergentes.

Un système monétaire international en mutation

L'effondrement du système de Bretton Woods en 1970 a marqué la fin du dollar comme monnaie centrale, bien que celui-ci demeure dominant. L'administration Trump s'est dérobée à sa responsabilité dans la gestion du système monétaire international, en promouvant des cryptomonnaies adossées au dollar et en accentuant le recours au dollar comme outil diplomatique.

L'avenir de la coopération internationale

Un retour à un régime de coopération multilatérale universel semble peu probable. On envisage plutôt un « polycentrisme » impliquant divers acteurs. La réforme des institutions existantes, en particulier celles issues de Bretton Woods, afin de refléter les réalités économiques actuelles, est essentielle. Le G20 pourrait néanmoins rester le forum le plus pertinent pour la coopération mondiale, malgré ses difficultés.