Plus de cinq millions de mots de l’auteur palestinien Raja Shehadeh ont été conservés à Édimbourg, en Écosse, à l’issue d’une cérémonie organisée à l’Université d’Édimbourg le 3 septembre pour marquer l’arrivée de ses archives. Le fonds comprend des dizaines de milliers de pages de documents personnels et historiques, couvrant près d’un siècle d’histoire palestinienne. Il contient également des éléments issus de la collection de son père, Aziz Shehadeh, né en 1912 et décédé en 1985.
Le projet, fruit d’une collaboration entre l’Université d’Édimbourg et celle d’Exeter, a nécessité deux années de travail. Shehadeh a commencé à écrire en mai 1967, à l’âge de 15 ans, et tient depuis lors un journal quotidien, qui constitue le cœur de ce fonds. S’y ajoutent des documents personnels, juridiques et diplomatiques, des copies originales d’ordres militaires israéliens concernant l’occupation de la Cisjordanie en 1967, ainsi que des comptes-rendus de réunions avec Yasser Arafat, le roi Hussein de Jordanie et l’ancien président américain Jimmy Carter. Les archives incluent également le rôle de Shehadeh en tant que conseiller juridique lors des négociations de la conférence de Madrid en 1991, ainsi que des notes sur l’incursion militaire israélienne à Ramallah en 2002.
Les documents ont été acheminés depuis Ramallah, capitale de la Cisjordanie, vers des lieux sécurisés au Royaume-Uni. Les originaux ont d’abord été numérisés, puis emballés et expédiés par coursier jusqu’à Édimbourg. L’Université d’Édimbourg et celle d’Exeter ont travaillé en partenariat avec la librairie Educational Bookshop de Jérusalem, une librairie locale, tout au long du processus. Mahmoud Muna, cofondateur de l’Educational Bookshop, a participé à cette opération. Il est important de souligner que ce transfert n’implique aucun changement concernant les droits d’auteur : Raja Shehadeh et ses héritiers conservent l’intégralité des droits de propriété intellectuelle.
Les archives physiques sont désormais gérées par le Centre for Research Collections de l’Université d’Édimbourg, tandis qu’environ 4 000 pages sont déjà accessibles en ligne via le Digital Archive of the Middle East (DAME). Le projet vise à élargir progressivement l’accès aux archives tout en préservant le patrimoine culturel de la Palestine.
Mahmoud Muna s’est dit optimiste quant aux futures initiatives locales de préservation en Palestine, insistant sur l’importance de protéger ce type de documents historiques au sein même de la région. La première phase du projet, couvrant la période 2024-2026, est en cours, avec deux autres étapes prévues jusqu’en 2030. Cette initiative met en lumière la valeur de la préservation de l’histoire et de la culture palestiniennes, garantissant que ces ressources restent accessibles aux générations futures. Les archives sont considérées comme faisant partie du « patrimoine culturel inaliénable de la Palestine », une expression désignant les biens culturels perçus comme indissociables de l’identité et de l’histoire d’une nation. Ce projet illustre les efforts constants déployés pour documenter et protéger les récits palestiniens, tant sur place qu’à l’international.
L'archive d'un auteur palestinien préservée à Édimbourg
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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