Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux Éditions Anacharsis le 16 octobre. L’écrivain revendique une passion pour l’horreur, née d’abord à travers les livres avant d’être nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, Camus revisite les monstres qui ont façonné son imagination et défend une idée paradoxale : l’horreur peut être rassurante. Les démons de fiction ont un avantage décisif sur les peurs réelles : ils n’existent pas. Camus y voit une invitation à frissonner pour mieux respirer, une vision qu’il partage dans nos colonnes. Il évoque une histoire d’enfance proche de celle du cinéaste mexicain Guillermo del Toro, où l’on passe un pacte avec les monstres après avoir vu un film d’horreur. Il se reconnaît aussi dans la proposition de John Carpenter selon laquelle les films d’horreur ne mourront jamais. Pourtant, Camus préfère les mots au cinéma, ayant été marqué dès l’enfance par les livres, dont L’Exorciste. Il estime que le charme de l’horreur réside dans sa capacité à être profondément rassurante, les menaces fictives étant sans danger comparées aux enjeux réels comme le changement climatique ou la politique. Le roman Grand-Guignol de l’auteur est présenté comme une lecture apaisante. L’affaire Thélyson Orélien s’impose comme un point central de la saison littéraire. Suspecté d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis pris dans plusieurs affaires de plagiat concernant de vieux textes, l’auteur québécois conteste les accusations portées contre son roman. Le retrait de l’ouvrage de la sélection Goncourt a amplifié une polémique qui interroge désormais l’ensemble du monde de l’édition. Un mathématicien, Mouhamadou Sy, revient sur le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se trompe concernant les vingt passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude ». L’Académie Goncourt a retiré Thélyson Orélien de sa première sélection, invoquant des antécédents de plagiat et des analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit à l’aide de l’IA. Un indice concret, distinct des détecteurs d’IA, a été découvert dans un article publié en 2023 sur un site alors géré par Thélyson Orélien : une phrase ressemblant à une consigne d’écriture laissée par erreur. Cet élément s’ajoute à une série d’éléments mis au jour ces derniers jours par plusieurs médias et internautes autour des textes de l’auteur. Le débat s’est concentré sur l’éventuel recours à l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les cas de plagiat. Un aspect a été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se trompe concernant les vingt passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude ». L’industrie du livre fait face à des défis avec l’essor de l’IA, des discussions émergent autour du rôle de l’intelligence artificielle dans la création littéraire, de la transparence envers les lecteurs et de l’avenir de l’écriture humaine. L’Académie Goncourt a intégré des détecteurs d’IA dans son processus, suscitant des débats sur les implications de tels outils. L’utilisation de l’IA dans les librairies et les bibliothèques est également questionnée, avec des inquiétudes quant à une possible dépossession d’un métier. La question de la viabilité économique de l’édition indépendante, de la fatigue des équipes, de l’écologie du livre et des conditions concrètes d’un métier sous tension est abordée. Le secteur de l’édition indépendante explore des pistes pour intégrer la facturation électronique et les défis de la numérisation des livres pour des systèmes de catalogage pilotés par l’IA. D’autres sujets sont au cœur des discussions, comme le rôle de la littérature face au changement climatique, l’avenir des librairies et l’importance de la lecture dans les politiques publiques. La polémique autour des propos de Louisa Yousfi et du concept d’« humanité générique » a également alimenté les débats. Par ailleurs, l’impact de l’IA sur le secteur du livre, y compris la possibilité pour celle-ci de régurgiter des conseils pour le choix de lectures, est examiné. Le débat sur l’usage de l’IA dans l’écriture reste vif : certains plaident pour la transparence et la responsabilité, tandis que d’autres interrogent les limites de l’écriture humaine et l’assistance par l’IA.