Seine-et-Marne, souvent perçue comme l’arrière-pays rural de la région Île-de-France, a longtemps été considérée comme trop vaste et trop éloignée du pôle économique de La Défense. Pourtant, malgré une superficie couvrant près de la moitié du territoire régional et une population résidentielle importante, beaucoup de ses habitants travaillent ailleurs. Aujourd’hui, ce département affiche pourtant l’une des performances économiques les plus équilibrées de la région.
Selon un rapport publié fin août par Infogreffe et le Medef Île-de-France, le nombre d’immatriculations d’entreprises en Seine-et-Marne a progressé de 10,2 %, atteignant 7 244 nouvelles entreprises. Si les procédures collectives ont reculé de 7,6 %, le nombre de fermetures d’entreprises a, lui, augmenté de près de 20 %. Malgré cela, le département conserve un solde positif d’environ 465 entreprises.
À l’inverse, les départements voisins connaissent des difficultés plus marquées. Dans les Hauts-de-Seine, un territoire clé pour les services, les fermetures d’entreprises progressent de près de 36 %, tandis que les procédures collectives augmentent de plus de 50 %, entraînant un solde négatif. En Essonne, bien que de nouvelles entreprises se créent, autant ferment. Les Yvelines restent dans le rouge malgré un recul des fermetures, et le Val-d’Oise enregistre une hausse de 52 % des fermetures d’entreprises, avec seulement un léger solde positif. Paris, quant à lui, connaît un turnover rapide, avec une augmentation de plus de deux tiers des fermetures d’entreprises.
Les Hauts-de-Seine, autrefois dynamiques, montrent des signes de ralentissement, tandis que l’est de la région, longtemps sous-estimé, résiste mieux. La Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne voient également diminuer leurs fermetures d’entreprises. Une forte densité de population, souvent considérée comme un moteur de création d’entreprises, peut aussi accroître l’exposition aux risques. Dans les zones où les loyers sont élevés et la concurrence féroce, même de petits chocs peuvent avoir des effets immédiats.
Seine-et-Marne dispose de ce qui manque ailleurs : des terres disponibles, des coûts plus maîtrisés et une population en croissance, même si celle-ci reste modérée. De Marne-la-Vallée à Sénart, le département offre un espace pour des activités qui n’ont pas leur place dans les zones plus petites et plus densément peuplées. Selon le rapport, la création d’entreprises en Seine-et-Marne est portée par les activités scientifiques, l’information et la communication, ainsi que les services administratifs. Ces emplois ne sont plus l’apanage des quartiers d’affaires, et le télétravail a peut-être contribué à cette tendance. Certains dirigeants ayant déménagé à l’est après la crise sanitaire auraient pu choisir de créer leur entreprise là où ils vivent désormais.
Si cette hypothèse se confirme, Seine-et-Marne n’attire plus seulement des entrepôts. Elle retient aussi des travailleurs qualifiés. Pourtant, il serait prématuré d’y voir un modèle. Certaines de ces entreprises sont des micro-entreprises, dont la survie à long terme est incertaine. L’augmentation des fermetures montre que le paysage économique reste aussi mouvant qu’ailleurs. Le recul des procédures collectives pourrait aussi refléter un décalage temporel plutôt qu’une immunité durable.
Les difficultés de construction qui ont frappé les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis ne manqueront probablement pas, à terme, de toucher Seine-et-Marne. Son équilibre économique tient donc davantage à sa localisation qu’à une quelconque force intrinsèque. Ce département a été protégé par son éloignement, à l’image de ces villes provinciales oubliées qui finissent par tirer profit de ne pas avoir été à la mode. Reste à savoir si cette robustesse résistera lorsque le succès attirera davantage l’attention. Un territoire qui attire les investissements finit souvent par importer les problèmes qu’il cherchait à fuir, comme la hausse des prix du foncier, la saturation des transports ou la concurrence accrue.
La situation en Seine-et-Marne soulève des questions plus larges. Si l’esprit entrepreneurial d’Île-de-France se déplace vers sa périphérie, c’est toute la carte économique régionale qui se redessine. Le centre concentre toujours la majorité de la valeur, mais c’est peut-être désormais en marge que se joue la résilience de la région.
La Seine-et-Marne fait preuve de résilience face aux mutations économiques régionales
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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