Un horloger écossais imagina le télécopieur 33 ans avant le téléphone, mais son invention tomba dans l'oubli pendant des décennies.
Le télégraphe à pendule d'un horloger écossais
Alexander Bain, horloger écossais, a déposé en 1843 un brevet décrivant une méthode de transmission d'images à l'aide de deux pendules synchronisés, considérée comme l'ancêtre du télécopieur moderne. Son invention se heurtait toutefois à des difficultés mécaniques qui en limitèrent l'usage pratique jusqu'à la fin du XIXe siècle.Parcours de Bain et premières innovations
Né en 1810 dans la paroisse écossaise de Watten, Bain était un inventeur autodidacte passionné de mécanique de précision et d'horlogerie. En 1841, il avait déjà breveté la première horloge électrique à pendule, qui utilisait des impulsions électromagnétiques pour remplacer les ressorts et les poids traditionnels.Le brevet de 1843 et sa portée
Le 27 mai 1843, le Royaume-Uni accorda à Bain le brevet numéro 9745, qui décrivait un système de transmission d'images au moyen de pendules synchronisés. Ce brevet est considéré comme l'acte de naissance du télécopieur, bien que la technologie ne soit pas encore commercialement viable.Les défis de la synchronisation mécanique
Le système de Bain reposait sur deux pendules qui devaient osciller à l'unisson parfait. Le moindre décalage entre eux rendait l'image transmise floue. Ce problème de synchronisation s'avéra un obstacle technique majeur, qui empêcha le système de se répandre largement.Reconnaissance financière et évolutions ultérieures
Entre 1843 et 1846, Bain mena de nombreuses expériences pour améliorer son télécopieur, mais connut un succès limité. Il fut toutefois indemnisé à hauteur de 7 500 livres sterling pour contrefaçon de brevet, et de 2 500 livres supplémentaires pour l'utilisation de ses télégraphes à impression. Cela montrait que ses idées avaient une valeur, même si elles n'étaient pas encore pleinement abouties.Héritage et essor du télécopieur moderne
Ce n'est que dans les années 1860 que le problème de synchronisation fut résolu, ce qui permit le succès commercial du télécopieur. Les travaux de Giovanni Caselli en 1865 rendirent le procédé viable, éclipsant les efforts antérieurs de Bain. Alexander Bain, mort dans la pauvreté en 1877, ne vit jamais son invention devenir un outil courant.L'usage du télécopieur aujourd'hui
Bien que technologie dépassée, le télécopieur reste utilisé dans de nombreuses régions du monde. Au Japon, 71,7 % des établissements publics d'enseignement primaire et secondaire y ont encore recours pour leurs tâches administratives. Au Royaume-Uni, le NHS a largement abandonné les télécopieurs, même si des milliers d'entre eux sont toujours en service.L'inventeur oublié
L'histoire d'Alexander Bain illustre le sort des pionniers de la technologie, souvent méconnus. Ses travaux sur les pendules et l'électricité ont jeté les bases du télécopieur, mais il a été éclipsé par des inventeurs ultérieurs comme Alexander Graham Bell. Son invention, pour brillante qu'elle fût, était en avance sur son temps et n'a jamais obtenu la reconnaissance générale qu'elle méritait.