Un scénario détaillé exposant les conséquences potentielles d’une éruption du supervolcan de Yellowstone a été publié fin septembre 2026 par Ilan Kelman de l’University College London et Matthew Blackett de l’université de Coventry sur The Conversation. L’analyse décrit heure par heure le déroulement d’une super-éruption dans le parc américain, en s’appuyant sur des modèles scientifiques et des comparaisons, aucun humain n’ayant jamais été témoin d’un événement d’une telle ampleur. Bien que le supervolcan de Yellowstone ne présente qu’une probabilité minimale d’entrer en éruption à court terme, son pire scénario entraînerait à la fois une catastrophe régionale et un refroidissement global connu sous le nom d’hiver volcanique. Le réveil du supervolcan commencerait par des semaines de séismes et de gonflement du sol au-dessus de la caldeira, les premiers signes indiquant une augmentation de la probabilité d’éruption, passant de 21 à 27 % un mois avant le paroxysme, puis de 85 à 92 % deux semaines plus tôt. Malgré ces signaux, les scientifiques ne pourraient toujours pas déterminer la date exacte de l’éruption. Les autorités évacueraient une zone de 100 kilomètres autour du parc, touchant environ 200 000 personnes, résidents et visiteurs compris. Grâce à cette alerte précoce, le bilan humain direct resterait relativement faible, avec environ un millier de morts, bien inférieur aux scènes catastrophiques souvent montrées dans les films. Au-delà de cette zone immédiate, l’impact dépendrait largement des vents dominants, qui détermineraient quelles régions seraient les plus affectées. Au moment de l’explosion, une colonne de cendres s’élèverait entre 30 et 50 kilomètres dans l’atmosphère, bien au-dessus de l’altitude à laquelle volent les avions commerciaux. Des flux de gaz et de roches incandescentes, appelés courants de densité pyroclastique, dévaleraient sur des dizaines de kilomètres, détruisant tout sur leur passage. À cette altitude, les particules les plus fines resteraient en suspension dans la stratosphère pendant des années. Plus loin, les cendres volcaniques formeraient une épaisse couverture grise. À Billings, dans le Montana, la couche de cendres pourrait dépasser un mètre d’épaisseur, jusqu’à 1,8 mètre selon un modèle. Cela suffirait à faire s’effondrer les toits, à court-circuiter les réseaux électriques et à perturber les routes et les aéroports dans une grande partie des États-Unis. Les approvisionnements en eau deviendraient également rapidement impropres à la consommation en raison de la contamination. À l’échelle mondiale, les particules projetées dans la haute atmosphère bloqueraient la lumière du soleil et feraient baisser la température moyenne globale d’environ 1,5 °C. Cet hiver volcanique durerait plusieurs années et perturberait les saisons agricoles bien au-delà de l’Amérique du Nord. Dans les régions de notre latitude, les étés deviendraient plus courts, et les gelées pourraient endommager une partie des récoltes. Les pénuries alimentaires, les famines et les tensions qui en résulteraient pourraient entraîner une diminution de la population mondiale, passant de 8,3 à 7,9 milliards d’habitants en dix ans, soit entre 0,7 et 1,3 milliard de morts prématurées, selon les auteurs. L’humanité n’a pas connu un tel choc depuis l’éruption du Toba en Indonésie, il y a 74 000 ans. Cependant, une super-éruption de cette ampleur ne survient qu’après des dizaines de milliers d’années de dormance, et aucun signe actuel ne laisse présager un réveil imminent.