Élèves et syndicats exigent un système scolaire public plus juste et mieux financé, appelant à une mobilisation générale contre l'inaction du gouvernement.
Le mouvement lycéen prend de l'ampleur
Au Forum du Manifeste de Café pédagogique, le lycéen Ryad Rani, représentant de l'Union syndicale lycéenne (USL), a appelé à poursuivre la mobilisation contre un gouvernement qui répond par des « effets d'annonce pour tenter de tromper et gagner du temps ». Un large mouvement intersyndical s'est rangé derrière ce mouvement né dans les lycées et appelle à une mobilisation générale.Le Forum met en avant l'unité éducative
Le samedi 10 octobre, la Bourse du travail a accueilli le Forum du Manifeste de Café pédagogique, deuxième volet de Parions sur l'École et l'éducation, coordonné par Philippe Meirieu et Djéhanne Gani. De nombreux collectifs d'éducation populaire, de chercheurs et de syndicats s'y sont réunis. Dans le contexte des mobilisations lycéennes, la démarche collective et unificatrice de réflexion et d'action du Manifeste a pris un écho particulier.Appel intersyndical à l'action
Réunis autour du Manifeste de Café pédagogique, un large mouvement intersyndical (SNES-FSU, SNUipp-FSU, SE-Unsa, Unsa, CGT, CFDT, FEP-CFDT), rejoint par l'USL, représentée par Ryad Rani, très applaudi, a lancé un appel à la mobilisation générale. La jeunesse, qui prend la parole, donne une force nouvelle aux revendications portées depuis des années par les syndicats.Revendications et conditions des élèves
Ryad Rani a donné le ton en décrivant ce que vivent certains élèves : « Ils arrivent en classe, le plafond leur tombe sur la tête, et il n'y a pas de professeurs. Voilà la réalité. » Bâtiments scolaires, orientation, postes supprimés : « Nos revendications sont légitimes. Leurs conditions de travail sont nos conditions d'apprentissage. » Le représentant lycéen appelle à une école où « tous les moyens sont mis en œuvre partout sur le territoire, y compris outre-mer, pour que chacun ait les mêmes chances de réussite ».Propositions et plans de financement
Ryad Rani a donné le ton en décrivant ce que vivent certains élèves : « Ils arrivent en classe, le plafond leur tombe sur la tête, et il n'y a pas de professeurs. Voilà la réalité. » Bâtiments scolaires, orientation, postes supprimés : « Nos revendications sont légitimes. Leurs conditions de travail sont nos conditions d'apprentissage. » Le représentant lycéen appelle à une école où « tous les moyens sont mis en œuvre partout sur le territoire, y compris outre-mer, pour que chacun ait les mêmes chances de réussite ».Les perspectives syndicales sur le mouvement
La secrétaire générale de l'UNSA, Morgane Verviers, voit dans le mouvement lycéen des mots posés « sur des revendications que les syndicats portent depuis des années ». Les élèves, rappelle-t-elle, demandent simplement « d'avoir un professeur devant chaque classe » et dénoncent des « classes où il fait trop froid l'hiver et trop chaud l'été ». « Depuis des années, nous demandons un plan d'investissement. » Elle y voit « une promesse républicaine qui n'est pas tenue ».Appels à la transparence et à l'inclusion
Valérie Ginet, secrétaire générale de la FEP-CFDT, a souligné que « les élèves de l'enseignement privé sont solidaires des lycéens ». Elle plaide pour l'intégration de l'enseignement privé dans la carte scolaire afin de mieux répartir les élèves, et pour « rendre transparents les critères de Parcoursup ».Dynamisme et débats sur la réforme
Laurent Alexandre, pour la CFDT, a remercié les jeunes d'« apporter un peu de dynamisme à la société » et appelé à « arrêter le discours de l'école sanctuaire » : « Le dehors n'est pas une menace, c'est la réalité des enseignants et des élèves. »Laïcité et équité sociale
La secrétaire nationale à la laïcité du SE-Unsa et secrétaire générale de la CNAL, Marie-Laure Tirelle, a défendu la laïcité et la mixité sociale pour « réduire les inégalités sociales qui appauvrissent ». « Il est absolument nécessaire de légiférer sur la mixité sociale et scolaire dans tous les établissements », a-t-elle affirmé, en conditionnant le financement des établissements, y compris sous contrat, au respect de critères de mixité. L'opinion publique y serait prête, selon un sondage Ifop réalisé pour la CNAL : « 75 % des parents du public comme du privé estiment que le financement devrait être conditionné à des critères de mixité sociale et scolaire. Il faut donc avancer. »Enjeux à long terme et espoirs
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, résume : « Après dix ans de macronisme, l'école est à un tournant, parce que les choix budgétaires ont délibérément tourné le dos à ce que doit être l'école publique. Il faudra des années pour la reconstruire. » Elle y voit une occasion de « gagner la bataille des idées sur ce que doit être l'École de la République en 2027 », celle de l'émancipation, sur ses objectifs, ses moyens et son fonctionnement. Après des années « écrasées par les idées réactionnaires » (uniforme, SNU, école conçue comme un lieu de conservatisme), elle veut croire que le vent tourne : « Rien n'est inéluctable. Nous ne voulons pas d'une école qui trie les élèves. » Face à l'extrême droite, il faudra aller à la rencontre des parents et des citoyens pour leur dire qu'« il existe un autre modèle d'école ».Une crise plus large des services publics
L'Unsa conclut en rappelant que l'ensemble des services publics est en difficulté : « Aujourd'hui, c'est l'école qui en subit les conséquences. » Et personne ne peut plus ignorer cela.