Barbara Romagnan, enseignante en français à l’inspection académique de Franche-Comté, a appelé le personnel éducatif à soutenir les lycéens dans leur mouvement de protestation actuel, insistant sur l’importance de l’écoute, du dialogue et du respect des droits des jeunes. Dans une tribune adressée à ses collègues, Romagnan souligne que la réponse au mouvement étudiant a été « avant tout policière », avec plus de 5 000 arrestations depuis début octobre, majoritairement de mineurs. Les lycéens ont rapporté l’usage de gaz lacrymogènes, de matraques et de balles en caoutchouc lors de ces manifestations. Parmi les incidents signalés figurent celui d’un garçon de 15 ans à Lens, qui a perdu une main et une partie de son avant-bras après l’explosion d’une grenade policière, celui d’un adolescent de 14 ans dans le Val-d’Oise, victime d’une mâchoire fracturée causée par un lanceur de grenades, et un autre élève à Tours, devenu définitivement aveugle de l’œil droit.
Romagnan estime que la présence et le soutien des adultes sont essentiels lorsque les jeunes se mobilisent, sous peine de voir leurs voix réduites à celles d’« élèves turbulents » ou de personnes « manipulées ». Elle rappelle que l’on ne devient pas citoyen à 18 ans, mais progressivement, par la prise de parole publique, le désaccord, l’organisation collective et la responsabilité. Elle critique l’usage de la force et des forces de l’ordre face aux protestations lycéennes, estimant que ces méthodes contredisent l’objectif de former des citoyens par le débat démocratique.
L’enseignante souligne également l’importance de prendre en compte les droits des enfants, tels que définis par la Convention internationale des droits de l’enfant et le Code de l’éducation, qui reconnaissent la liberté d’information et d’expression des élèves. Elle insiste sur la nécessité d’écouter et de dialoguer avant toute sanction ou recours à la force. Tout en reconnaissant que certains élèves peuvent se tromper dans leurs actions, elle affirme que leurs voix doivent nonetheless être entendues et prises en considération.
Romagnan met en lumière les défis sociétaux auxquels sont confrontés les enfants en France, comme les près de 3 millions d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté, les 32 000 enfants sans abri ou hébergés en hôtel en 2025, ou encore les statistiques alarmantes concernant la santé mentale des adolescents. Elle aborde aussi la question des violences sexuelles envers les mineurs, avec 160 000 enfants victimes chaque année, souvent perpétrées par des proches. Elle dénonce l’insuffisance des réponses judiciaires dans ces affaires.
Par ailleurs, Romagnan évoque l’écart important de réussite scolaire entre les élèves issus de milieux favorisés et défavorisés, illustré par les résultats du brevet 2025. Elle argue que les élèves qui dénoncent des problèmes comme les absences non remplacées, les locaux vétustes, les classes surchargées ou l’injustice de l’orientation ne font pas que s’exprimer : ils révèlent des inégalités sociales.
L’enseignante enjoint les éducateurs à soutenir les lycéens sans nécessairement partager leurs revendications ou leurs méthodes, et plaide pour la création d’espaces de dialogue ainsi que pour la réception des délégations lycéennes par les rectorats et les ministères. Elle les exhorte à refuser les étiquettes déshumanisantes et à reconnaître les élèves comme des enfants dont les droits doivent être protégés. Elle conclut en appelant ses collègues à ne pas rester silencieux, à écouter les jeunes, à exiger des comptes lorsque la force est employée, et à affirmer que le droit à l’expression ne s’arrête pas aux portes des lycées.
Un pédagogue français appelle à soutenir les étudiants dans un contexte de manifestations et d'arrestations
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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