Des milliers de personnes à Paris ont subi des violences policières lors de manifestations, avec des blessés et des slogans comme « ACAB » traduisant une large méfiance envers la police.
Des manifestants dénoncent des violences policières à Paris
Le 17 octobre, des milliers de manifestants à Paris ont subi des violences injustifiées de la part des forces de l'ordre, faisant de nombreux blessés. Iman, étudiante en droit, raconte avoir reçu des coups de matraque dans les côtes après avoir été touchée par une grenade lacrymogène, tandis que Fred affirme avoir été frappé sans raison près d'un sans-abri qui a également subi des coups. Une vidéo partagée par le Bondy Blog montre des policiers charger avec des flashball, suivis de passages à tabac.Des musiciens et des manifestants visés par les gaz lacrymogènes
Place de la République, l'Orchestre du Nouveau Monde, un groupe d'environ 500 musiciens, a été attaqué de manière inattendue par des grenades lacrymogènes à midi. Plus tard dans la journée, un secouriste de rue a été traîné au sol par des policiers et laissé inconscient, nécessitant l'intervention des pompiers. Cet incident a ensuite été détaillé par Loopsider.Des manifestants scandent « ACAB » contre la police
Les scènes de violences policières ont attisé la colère des jeunes mobilisés, ce qui a conduit à la scansion fréquente de « ACAB », acronyme de « All Cops Are Bastards » (« Tous les flics sont des salauds »). Ce slogan, né dans la culture ouvrière britannique, a été repris par différents mouvements de protestation et traduit désormais un rejet plus large de l'institution policière elle-même.Le ministère de l'Intérieur accusé d'encourager les interpellations
Les accusations de violences policières se sont multipliées depuis le début des manifestations étudiantes. Une enquête du Canard enchaîné, publiée le 13 octobre, suggère que le ministère de l'Intérieur aurait demandé aux policiers d'augmenter le nombre d'interpellations afin de mettre un terme au mouvement étudiant. Un commissaire de police cité a reconnu que l'objectif était d'effrayer les étudiants et leurs parents pour les amener à cesser les manifestations.Le ministre de l'Intérieur soutient l'usage des armes intermédiaires
Le 16 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a publiquement soutenu l'usage de l'ensemble des armes intermédiaires, y compris les grenades lacrymogènes et les balles en caoutchouc. Selon un rapport du 13 octobre, l'IGPN avait ouvert 36 enquêtes depuis le début du mouvement, dont quatre concernant des blessures graves présumées.Les violences entraînent de graves blessures et des décès
La mobilisation du 17 octobre a donné lieu à des affrontements dans plusieurs villes, avec des bâtiments publics et des commerces attaqués, tandis que d'autres manifestations sont restées pacifiques. Selon un rapport du ministère de l'Intérieur publié le 18 octobre, 2 397 personnes ont été interpellées à l'échelle nationale. De graves blessures ont également été signalées, notamment celle d'un jeune de 17 ans qui a perdu une main à cause d'une grenade à Saint-Étienne, ainsi qu'un manifestant mort à Paris après un malaise.