Une manifestation tourne à la violence à Paris

Un groupe d'amis a été violemment agressé par la police dans le quartier Saint-Lazare à Paris, le 17 octobre, subissant de graves blessures : fractures triples du visage, bras cassés, une plaie à la tête de 10 centimètres et des commotions cérébrales.

Les certificats médicaux révèlent l'ampleur des blessures

Selon des certificats médicaux obtenus par StreetPress, Ali, un ingénieur en intelligence artificielle âgé de 27 ans, a subi une fracture triple du visage, entraînant sept jours d'arrêt de travail. Ses amis ont également été blessés, notamment avec des bras cassés, des plaies à la tête et des commotions.

Ali décrit une attaque ciblée

Ali a qualifié l'incident de ciblé, déclarant : « Ils voulaient juste casser des gueules. » Les enquêtes menées par StreetPress et Mediapart font état de cas similaires dans le même quartier ce soir-là, dont celui d'un étudiant en médecine de 23 ans qui a déposé plainte. Ali a déposé plainte le 20 octobre au tribunal de Pontoise, et ses amis envisagent de faire de même « pour les statistiques », selon Mohamed.

Le groupe participait à une manifestation contre le coût de la vie

Le groupe, composé de jeunes âgés de 24 à 30 ans, participait à la manifestation en soutien aux revendications du mouvement contre la cherté de la vie et le manque de moyens dans l'éducation. L'après-midi s'était bien déroulé, avec de bons moments et une ambiance amicale à la fin de la manifestation sur la place de Clichy.

Le groupe s'arrête boire un verre avant de rentrer

Le groupe s'est arrêté dans un bar pour prendre un verre avant de se diriger vers Saint-Lazare pour prendre le métro ou le RER et rentrer chez lui. Aux abords de la gare, l'atmosphère était confuse, avec un grand feu visible au loin, en direction de l'Arc de Triomphe, et plusieurs rues adjacentes bloquées par la police ou jonchées de vélos, de pots de fleurs et de barrières, certaines en flammes.

La violence éclate rue du Havre

Au niveau du grand magasin Printemps, sur le boulevard Haussmann, des personnes sont soudainement arrivées en sens inverse, chargées par la police. Le groupe a rebroussé chemin mais s'est retrouvé bloqué dans l'autre direction et est entré dans la rue du Havre, où les violences ont eu lieu entre 21 heures et 21 h 30. Mohamed raconte avoir été renversé par un policier, jeté à terre, puis frappé par quatre agents à coups de matraque et de piétinements à la tête. Il mentionne également avoir été écrasé par un motard de la BRAV-M.

Ali et Tahar face aux coups de matraque

Une autre partie du groupe était bloquée rue de Provence, où Ali a reçu des coups de pied et des coups de matraque avant de s'enfuir. Il est tombé sur deux policiers, matraques à la main, en protégeant sa tête avec ses bras. Le rapport des urgences note la violence du coup et la nécessité pour Ali de s'enfuir. Tahar, également bloqué contre le mur, a été assommé d'un coup de matraque au-dessus de la tête, entraînant une brève perte de connaissance. Son certificat médical confirme un coup de matraque avec quelques secondes d'inconscience.

Les membres du groupe fuient et cherchent des soins

Les membres du groupe ont fui dans différentes directions, certains s'échappant par la rue de Rome. Noémie a décrit l'impact émotionnel de voir sa compagne Tahar dans cet état. Les membres du groupe ont été soignés dans différents hôpitaux : Ali a reçu sept jours d'arrêt de travail et Mohamed 21 jours en raison d'un avant-bras fracturé. Tahar, Noémie et une autre amie, Faiza, se sont retrouvés à l'hôpital Bichat, où ils ont trouvé plusieurs autres victimes des manifestations.

Le groupe exprime sa colère face aux méthodes policières

Une semaine après les faits, le groupe a exprimé sa colère contre les méthodes policières employées, soulignant qu'ils ne cherchaient ni à bloquer ni à piller, mais simplement à rentrer chez eux. Ils se sont sentis piégés, sans explication, sans mot, sans porte de sortie. Malgré le traumatisme, le groupe s'est soutenu mutuellement et la plupart prévoient de retourner aux manifestations. La préfecture de police de Paris et le ministère de l'Intérieur n'ont pas répondu aux demandes de commentaires, et l'IGPN a renvoyé les questions vers le ministère de l'Intérieur.