Un élève de 17 ans a été agressé par un policier en civil alors qu'il filmait des agents à Paris, déclenchant une enquête et un traumatisme psychologique.
Un jeune frappé par un policier en civil
Un lycéen de 17 ans prénommé Mohammed a été agressé par un policier en tenue civile alors qu'il filmait une intervention de la police près du lycée Bergson, dans le 19e arrondissement de Paris, le 5 octobre 2026. Lui et sa famille ont déposé une plainte officielle auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui a ouvert une enquête sur les faits.Blessures et certificat médical
Selon un certificat médical établi le jour même, Mohammed souffrait d'une plaie à l'oreille gauche, d'un hématome à la cuisse droite et d'une dermabrasion au genou gauche. La plupart de ses blessures avaient guéri en deux semaines, mais il continue de ressentir un profond malaise moral et fait des cauchemars récurrents liés à l'incident.Contexte de l'agression
Mohammed a expliqué qu'il filmait la charge de la police afin de documenter d'éventuels abus, sans savoir qu'il était le seul jeune d'origine maghrébine présent sur les lieux. Il a décrit le policier comme portant un survêtement Nike et une casquette retournée, sans signe distinctif visible. L'agent l'aurait frappé avec une matraque télescopique, près de la jambe et de la tête.Preuves photographiques
L'incident s'est produit lors d'un blocus au lycée Bergson, comme le montrent des photographies obtenues par StreetPress. L'une d'elles, prise par le photographe Hugo Aymar, montre le policier semblant faucher Mohammed pour le faire tomber au sol pendant l'agression.Prise en charge médicale et réaction de la famille
Des passants ont conseillé à Mohammed de se rendre à l'hôpital Saint-Louis, dans le 10e arrondissement, où il a été soigné pour la plaie à l'oreille, qui n'a pas nécessité de points de suture. Sa grande sœur a quitté ses cours pour l'accompagner. Selon les informations rapportées, le policier aurait dit à Mohammed qu'il était dommage qu'il porte un survêtement, et la famille estime que l'agent avait des préjugés à leur égard.Le point de vue de la famille
Le père de Mohammed, Rafik, chauffeur VTC, travaillait au moment des faits, tandis que sa mère, Nezha, employée comme garde d'enfants, s'est dite inquiète tout en reconnaissant qu'elle ne pouvait pas empêcher son fils de sortir. Son frère aîné, Ibrahim, a critiqué le recours à la force, déclarant : « On ne devrait pas se faire frapper par un policier pour avoir filmé ! »Répercussions sur la vie de Mohammed
L'incident a bouleversé le quotidien de Mohammed : il appréhende désormais de sortir avec ses amis et ressent une accélération de son rythme cardiaque lorsqu'il croise des policiers nationaux. Il a également perdu, pendant l'agression, ses lunettes teintées à monture dorée, et pense qu'un second policier pourrait les avoir prises.Projets et avenir
Depuis cet incident, Mohammed envisage de devenir médecin, inspiré par les soins qu'il a reçus. Il soutient les manifestations lycéennes, relevant qu'il n'a pas de professeur de philosophie cette année, et il est conscient des violences policières survenues récemment. Il se considère chanceux par rapport à d'autres jeunes ayant subi des blessures plus graves, comme Eden, dans le Val-d'Oise, qui a perdu presque toutes ses dents.Autres enquêtes sur la police
Au 13 octobre 2026, l'IGPN avait ouvert 36 enquêtes sur le comportement de policiers depuis le début des mobilisations lycéennes, selon le ministre de l'Intérieur, Laurent Núñez. Mohammed cherche actuellement un lieu où étudier, son lycée ayant été endommagé lors d'un incident précédent, et il fréquente les bibliothèques du quartier.