Le 30 septembre 2026, lors d’un blocus au Lycée de l'Observatoire à Meudon, un lycéen prénommé Emmanuel a été violemment interpellé et placé en garde à vue. Des éclats de verre ont été retrouvés sur son front, et l’incident a provoqué l’indignation de sa famille. Ses parents prévoient de déposer une plainte auprès de l’IGPN, l’Inspection générale de la Police nationale. Cinq jours plus tard, la famille est toujours sous le choc. « Ils l’ont traîné par terre comme un animal », déclare Lolo, la mère d’Emmanuel, une aide-soignante de 48 ans. Son père, Fernand, 52 ans, qui exerce la même profession, reste sous le coup de ces « deux jours d’enfer ». « C’est barbare », confie-t-il dans le salon familial à Clamart (92).
Le 5 octobre 2026, le jeune homme, le front bandé et boitant, s’est peu exprimé. Mais il a accepté de témoigner pour alerter. « Ce qu’ils ont fait, ce n’est pas normal. On ne doit pas banaliser de tels manquements policiers, car des enfants peuvent en mourir », déclare le lycéen de 16 ans. Depuis l’incident, il ne va plus en cours ni ne joue au basket, ne quitte plus la maison et dort dans le salon avec sa mère ou sa sœur cadette pour éviter de rester seul avec ses souvenirs traumatisants : « Quand je ferme les yeux, les images reviennent en boucle. »
Le 30 septembre 2026, vers 8 h 30, lors d’un blocus au Lycée de l'Observatoire à Meudon, dans les Hauts-de-Seine, Emmanuel a été frappé et traîné sur le ventre sur plusieurs mètres par des policiers, sur une chaussée jonchée d’éclats de verre et de débris, comme le montrent des vidéos obtenues par StreetPress. Il porte des points de suture au front et à la cuisse gauche, et un certificat médical atteste d’une blessure à la tête. Des corps étrangers ont été retrouvés dans sa plaie. Le lycéen a ensuite été placé en garde à vue pendant 24 heures avant d’être présenté devant le tribunal de Nanterre (92). Il doit être jugé le 9 décembre 2026, notamment pour jets de pierres sur les forces de l’ordre. Il conteste ces faits. La famille envisage de porter plainte auprès de l’IGPN. « C’est lunaire, ils l’ont emmené à l’hôpital puis l’ont laissé au commissariat », dénonce leur avocat, Youri Krassoulia : « C’est l’image du traitement général réservé aux lycéens qui se mobilisent. Autrement dit, on les frappe, on les blesse et ensuite on les judicialise pour les criminaliser. »
La préfecture de police de Paris n’était pas joignable pour réagir au moment de la publication. Sur les vidéos de l’arrestation, filmées par des camarades d’Emmanuel, une dizaine de policiers en tenue antiémeute, équipés de boucliers et de casques, encerclent le jeune homme qui finit à terre. Quatre, puis trois policiers l’attrapent par les pieds et les bras, son visage ensanglanté, et le déplacent vers une voiture de police de sorte que son ventre frotte contre le sol couvert de débris. Les élèves crient : « Lâchez-le ! », « Emmanuel ! », « Il saigne, regardez comme il saigne ! », « Il y a des morceaux de verre ! » Emmanuel raconte avoir rejoint le blocus « on mettait des grilles sans vraiment faire grand-chose », avant de voir arriver les policiers qui lancent des grenades lacrymogènes – visibles sur les vidéos. Les élèves se dispersent alors qu’il est encerclé. « J’ai pris un coup de bouclier dans la poitrine, je suis tombé, ils m’ont retourné, m’ont écrasé la tête contre l’asphalte et m’ont donné des coups de pied, de matraque, puis m’ont traîné par terre… » Un policier lui aurait lancé : « Tais-toi, tu ne feras rien, sale nègre. » Emmanuel se souvient de sa peur panique : « J’avais peur parce que je n’arrivais plus à respirer quand ma tête était par terre. Mon nez saignait. Je me disais : “Peut-être que je vais mourir.” Mais heureusement, je ne suis pas mort. »
Un lycéen blessé lors d'un barrage policier au lycée de l'Observatoire
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