Une étude publiée en avril 2026 dans Nature Communications suggère que les bienfaits du café sur la mémoire ne sont pas uniquement dus à la caféine. Des chercheurs de l’University College Cork ont constaté qu’un café décaféiné améliorait significativement les scores de mémoire lors d’un essai impliquant 62 adultes âgés de 30 à 50 ans, tandis que le café caféiné agissait principalement sur l’attention et le stress. Les participants, tous consommateurs réguliers de trois à cinq tasses par jour, avaient été invités à s’abstenir de café pendant deux semaines avant de reprendre leur consommation pendant trois semaines, répartis aléatoirement entre café régulier et décaféiné. À la fin de l’essai, le groupe ayant consommé du café caféiné a montré une amélioration sur deux tests de mémoire : l’apprentissage de listes de mots et un test de reconnaissance spatiale, où les erreurs sont devenues moins fréquentes. En revanche, les buveurs de café décaféiné n’ont pas enregistré d’amélioration comparable de la mémoire. Cependant, les volontaires ayant consommé du café caféiné ont déclaré se sentir moins anxieux et moins stressés, avec une amélioration de la vigilance et de la concentration au fil des semaines. Les deux groupes, caféiné et décaféiné, ont également rapporté une réduction du stress perçu et des symptômes dépressifs. Les analyses sanguines ont confirmé cet effet double. Après trois semaines, les buveurs de caféine présentaient également des taux plus bas de certaines protéines inflammatoires, indiquant un environnement corporel légèrement plus apaisé. La mémoire, en revanche, ne s’est améliorée qu’avec le décaféiné, preuve que d’autres composés de la graine de café entrent en jeu. Les chercheurs pointent du doigt les polyphénols, des composés antioxydants abondants dans la graine, ainsi que la manière dont le café modifie le microbiote intestinal. Chez les consommateurs de café, certaines bactéries comme Eggerthella et Cryptobacterium se sont multipliées, tandis que des messagers chimiques du cerveau, dont le GABA, un composé apaisant, sont devenus moins fréquents. Neuf métabolites, dont la caféine, la théophylline et les acides phénoliques, ont été associés à ces bactéries et aux performances cognitives. Ces changements se sont également avérés réversibles, disparaissant à l’arrêt du café et réapparaissant rapidement après sa reprise. L’étude reste limitée et préliminaire, et ses auteurs se gardent bien de conclure que le café décaféiné quotidien améliore la mémoire de tous. Elle trace surtout une piste, celle d’un dialogue permanent entre le café, le microbiote intestinal et le cerveau. De futurs essais, menés sur un plus grand nombre de volontaires, devront déterminer quels sont, parmi les centaines de composés de la graine, ceux qui tirent réellement les ficelles.