La France dispose d’un grand nombre de structures chirurgicales, mais la qualité des soins prodigués dans certaines d’entre elles ne répond pas aux normes attendues. Selon un rapport publié le 30 septembre par l’Académie nationale de chirurgie, près de 200 établissements ne réalisent pas un niveau d’activité chirurgicale conforme aux exigences. Intitulé La chirurgie en 2035, le document met en lumière les inquiétudes concernant l’état actuel des soins chirurgicaux et suggère que certains établissements pourraient devoir cesser totalement leurs activités chirurgicales. Cette recommandation s’appuie sur une analyse de l’activité et de la capacité chirurgicales à travers les différentes régions du pays. L’Académie nationale de chirurgie, plus connue sous le nom de Sages, est une organisation qui évalue et conseille sur l’état des soins chirurgicaux en France. Dans son rapport, elle souligne que le volume d’interventions pratiquées dans près de 200 établissements est inférieur au seuil requis. Ces structures sont majoritairement des petits hôpitaux ou cliniques qui ne disposent pas toujours des ressources ou de l’infrastructure nécessaires pour garantir une qualité de soins chirurgicaux constante. Le rapport met en garde : cette situation pourrait entraîner une pénurie de capacités chirurgicales dans certaines zones si aucune mesure n’est prise. Les conclusions s’appuient sur une analyse menée dans quatre départements, qui révèle que près de 50 % des chirurgies réalisées en hospitalisation dans ces régions devraient être réaffectées vers d’autres établissements. Cette redistribution permettrait d’équilibrer la charge de travail chirurgical et de garantir que les patients bénéficient de soins dans des structures conformes aux normes requises. Le rapport indique que cette réallocation améliorerait non seulement la qualité des soins, mais contribuerait aussi à éviter la surcharge de certains hôpitaux tandis que d’autres restent sous-utilisés. Le rapport La chirurgie en 2035 souligne la nécessité d’une approche stratégique pour gérer les ressources chirurgicales en France. Il préconise une réévaluation de la répartition actuelle des services chirurgicaux et suggère que certains établissements pourraient devoir fermer ou suspendre leurs activités chirurgicales afin d’assurer aux patients des soins adaptés. Ce document sert d’avertissement : sans changements significatifs, la qualité et l’accessibilité des soins chirurgicaux en France pourraient rencontrer des difficultés dans les années à venir.