Un tribunal français doit rendre sa décision sur l'affaire Bouygues

Un tribunal français annoncera sa décision vendredi à 14 heures dans l'affaire concernant le milliardaire Olivier Bouygues, poursuivi pour la destruction d'espèces d'oiseaux protégées sur ses terrains de chasse de la Sologne. L'affaire suscite une vive attention en raison de l'ampleur et de l'organisation présumées des faits.

Le parquet réclame des peines sévères

La procureure d'Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, a requis cinq ans de prison avec sursis, une amende de 750 000 euros et une interdiction de chasse de cinq ans à l'encontre d'Olivier Bouygues. Selon l'accusation, la destruction des oiseaux visait à éliminer les prédateurs afin de protéger le petit gibier. La procureure a insisté sur une « organisation qui a perduré » pendant des années.

La défense conteste les accusations

L'avocat d'Olivier Bouygues, Me Eric Grassin, a qualifié les réquisitions du parquet d'« excessives », affirmant que les accusations selon lesquelles son client aurait été informé des faits relèvent d'une « construction intellectuelle ». Au cours du procès, la défense a soulevé plusieurs exceptions de procédure, invoquant des « irrégularités » et demandant l'annulation de la procédure.

Bouygues nie toute implication

Olivier Bouygues a toujours nié toute responsabilité et s'est dit « surpris » lorsqu'il a été informé de l'enquête l'an dernier. Il a affirmé avoir « d'autres chats à fouetter que de gérer au quotidien les affaires du domaine », laissant entendre qu'il en avait délégué la gestion à d'autres personnes.

Des preuves de la mort d'animaux présentées

À la suite d'une plainte anonyme, les enquêteurs ont découvert des carcasses d'animaux en décomposition sur le domaine de Fontenaille, un domaine de 650 hectares situé à La Ferté-Saint-Aubin. Les photos versées au dossier montraient une fosse commune contenant plusieurs carcasses imbibées de sang, dont des faucons hobereaux, des grandes aigrettes, des faucons crécerelles, des buses et des grands cormorans. Olivier Bouygues a reconnu l'existence de la « fosse écologique », affirmant cependant ne l'avoir « jamais vue ».

Engins interdits et documents financiers saisis

Les enquêteurs ont découvert des outils de chasse prohibés, notamment des pièges à mâchoires, un bulldozer et des armes, ainsi que des documents listant les espèces à éliminer. Des paiements d'environ 100 euros auraient été effectués pour ces actions, selon le régisseur du domaine. Olivier Bouygues a déclaré qu'il « ne voulait pas que cela soit rendu public ».

Les défendeurs défendent des pratiques locales

L'un des prévenus a décrit ces pratiques comme « ancrées » dans la Sologne, une grande zone de chasse en France. Le régisseur du domaine a qualifié ces actions de « pratiques ancestrales » visant une « régulation des espèces » plutôt qu'une destruction. Tous les prévenus ont nié l'implication d'Olivier Bouygues et rejeté l'idée d'un groupe organisé.

Les parties civiles réclament des dommages et intérêts

Une quinzaine d'associations de protection de l'environnement ainsi que la Fédération départementale des chasseurs du Loiret se sont constituées parties civiles. Elles demandent réparation des préjudices écologique et moral, invoquant un « préjudice d'image » pour la chasse ainsi que l'impact plus large sur la biodiversité.