Poursuites judiciaires contre un exploitant de déchets

Mickael Mira, 36 ans, qui travaille depuis 17 ans dans le secteur des déchets et compte 14 condamnations antérieures, encourt 30 mois d'emprisonnement, un mandat de dépôt et une amende de 200 000 euros. Les poursuites concernent l'exploitation illégale de deux décharges de déchets en 2021 et 2022, dont une située dans une zone naturelle boisée protégée.

Le procureur dénonce un modèle criminel

Le procureur Michel Sastre a décrit Mira comme ayant mis en place « un modèle d'exploitation criminelle » dans le secteur des déchets. Il a relevé un glissement de l'activité criminelle vers la gestion des déchets, en insistant sur l'ampleur et le caractère systématique des opérations de Mira.

Détails du stockage illégal de déchets

Selon les autorités, Mira aurait stocké sans autorisation plus de 43 000 mètres cubes de déchets de chantier provenant de grands opérateurs économiques et d'entités institutionnelles, sur une superficie de 1,75 hectare. Ces faits enfreignaient la réglementation en vigueur et ont impliqué d'importants travaux de remblaiement ainsi qu'un défrichement non autorisé d'une zone boisée.

La défense de Mira et ses arguments

Mira s'est défendu en affirmant qu'il n'avait pas défriché l'ensemble de la zone et a soutenu que la coupe de dix arbres n'était pas la fin du monde. Il a contesté l'évaluation du volume de déchets stockés illégalement et a reconnu des aveux minimes concernant les 17 infractions qui lui sont reprochées, tout en dénonçant « une persécution ».

Impact environnemental et financier

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a dépensé près de 1,2 million d'euros pour traiter 8 000 tonnes de déchets, dont des matières dangereuses, provenant de la décharge de Marseille. L'avocat de la commune de Peypin réclame près de 1,9 million d'euros de dommages et intérêts, intérêts compris, pour la remise en état de l'environnement.

Jugement en attente et contexte juridique

L'affaire contre Mickael Mira sera jugée le 1er décembre. Son entreprise, Eco bennes, gérée par son compagnon en raison d'une interdiction de gérer des déchets, a exploité une seconde décharge illégale dans un quartier résidentiel de Marseille.