Les caméras IA réduisent de 80 % les dépôts sauvages dans des villes françaises, mais des obstacles juridiques subsistent face aux infractions liées aux déchets.
Hausse des dépôts sauvages en France
Un rapport de Gestes Propres, une organisation qui lutte contre les déchets abandonnés, indique que 35 % des Français ont laissé des déchets au sol au cours de l'année écoulée. Cela pose un défi croissant aux communes, confrontées aux risques environnementaux et sanitaires liés aux dépôts sauvages.Des caméras dotées d'IA déployées pour détecter les dépôts
Pour répondre au problème, les villes utilisent de plus en plus des caméras dotées d'intelligence artificielle afin d'identifier et de suivre les dépôts illégaux de déchets. Ces caméras peuvent repérer des activités inhabituelles, comme un véhicule qui s'arrête pour décharger des déchets, et envoyer des alertes aux autorités pour qu'elles agissent.Les résultats de programmes pilotes sont prometteurs
À Gex, des caméras dotées d'IA installées en 2024 ont permis une réduction de 80 % des dépôts sauvages sur les sites surveillés. Le dispositif a également donné lieu à 310 procédures judiciaires et à la collecte de 140 000 euros d'amendes, avec une amende moyenne d'environ 500 euros.D'autres villes suivent avec des initiatives similaires
À Orléans, une expérience comparable lancée fin 2025 a conduit à 70 amendes, certaines pouvant atteindre 4 000 euros. Des entreprises privées comme Disaitek développent également des outils d'IA capables de détecter les dépôts illégaux dans les zones rurales à partir d'images satellites.Les questions juridiques restent sans réponse
Malgré ces avancées technologiques, le cadre juridique français reste flou. La CNIL, l'autorité française de protection des données, a averti que les caméras renforcées par l'IA pourraient ne pas être légalement autorisées à surveiller les espaces publics pour repérer des infractions.De nouvelles approches privilégient la prévention
Des start-up comme Lixo utilisent l'IA pour analyser les déchets présents dans les bacs, plutôt que de sanctionner les particuliers. Leur système, installé dans les camions de collecte, repère les objets non conformes, comme les bouteilles de protoxyde d'azote, ce qui permet aux collectivités locales de lancer des campagnes de prévention ciblées au lieu de dresser des amendes.