Le rôle de l'IA dans l'art alimente le débat

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Le rôle de l'IA dans l'art alimente le débat

L'utilisation de l'intelligence artificielle générative dans la création artistique a suscité un débat important, notamment à travers le cas du roman C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien, soupçonné d'avoir eu recours à l'IA lors de son écriture. Ce roman a fait l'objet de nombreux commentaires dans les médias, en raison de sa portée symbolique et de la controverse entourant le recours présumé de l'auteur à l'IA.

Défense de l'auteur et critiques

D'abord perçu comme le symbole d'une vindicte raciale, le roman a vu ses partisans suivre la défense de l'auteur, dont certains critiques estiment qu'elle n'était peut-être pas la meilleure stratégie. Certains prédisent un risque mortel pour les « véritables écrivains manuels », désormais en concurrence « avec la machine » (comme si celle-ci n'était pas pilotée par un humain).

Humain contre machine dans l'écriture

D'autres soutiennent que l'écriture est un art et un travail humain, et qu'un « livre fait par l'IA » n'est donc pas un livre, oubliant qu'Orélien, s'il a utilisé l'IA, reste un être humain qui a touché ses lecteurs. D'autres encore s'agacent de l'entrée dans une ère de suspicion généralisée envers les auteurs.

Enjeux moraux et plagiat

Presque tous les critiques semblent s'accorder sur la faute morale que constitue un recours secret à l'IA, qu'ils rapprochent du plagiat, une atteinte bien plus directe au droit d'auteur. Certains se demandent toutefois si tous les usages de l'IA générative dans la création ont la même valeur, qu'il s'agisse de la documentation, de la correction orthographique, de la traduction ou de la retouche éditoriale, ou encore du remue-méninges, de la construction de la structure narrative, voire de la génération automatique de phrases ou de chapitres entiers.

Renégocier le pacte de lecture

Le débat touche à la renégociation du « pacte de lecture » entre lecteurs et auteurs, et souligne la nécessité d'une transparence sur les moyens et la portée de la génération par IA, qui n'a rien de monolithique. L'article interroge également le contexte historique de la création, en rappelant que l'idée de l'auteur seul maître de son œuvre a longtemps été contestée.

Contexte historique de la paternité littéraire

Depuis l'Antiquité, les artistes ont souvent puisé leur inspiration dans des sources extérieures, et la notion moderne d'auteur individuel s'est imposée progressivement. L'article cite les travaux d'Alexandre Gefen, qui retrace la contre-histoire de l'auteur, de Calliope à l'IA, ainsi que ceux de William Marx, qui suggère que la littérature pourrait être de plus en plus produite par des machines pour des machines.

L'IA et les pratiques artistiques historiques

Le recours à l'IA dans la création a été comparé à des pratiques historiques de l'art moderne, comme le ready-made, le hasard et le non-sens, ainsi qu'à la « mort de l'auteur » proclamée par Roland Barthes et Michel Foucault. L'article évoque également les travaux de Grégory Chatonsky, qui analyse les relations de co-création entre humains et IA, et la notion de « codépendance » entre l'humain et la machine.

Les différents rôles de l'IA dans le processus créatif

L'article met en lumière les différents rôles que l'IA peut jouer dans le processus créatif, notamment celui d'instigateur, d'éditeur et de guide, tels que théorisés par Jean-Pierre Balpe. Il aborde aussi la polémique autour de l'usage de l'IA dans l'art et la littérature, en évoquant des cas comme la candidature de Boris Eldagsen avec Pseudomnesia: The Electrician aux Sony World Photography Awards, ou la victoire de Theatrical Space Opera de Jason Allen au concours de la Colorado State Fair en 2022.

Réactions du public et considérations éthiques

Ces affaires suggèrent que l'indignation vise souvent moins la simple présence de l'IA que le sentiment d'avoir été trompé. Certains réclament la création de « sanctuaires sans IA », comme l'exprime Abel Quentin, tandis que d'autres estiment que le purisme n'a guère de sens à l'heure où l'IA est omniprésente dans nos technologies.

Impacts économiques et inclusifs

L'article aborde également les inquiétudes économiques suscitées par l'IA, en suggérant que des mécanismes de redistribution de la valeur économique du marché de l'art pourraient apaiser ces craintes. Il souligne par ailleurs le potentiel de l'IA à offrir de nouveaux moyens d'expression, en particulier à celles et ceux qui souffrent de handicaps sociaux ou ont un accès limité aux réseaux culturels traditionnels.

L'avenir de la paternité littéraire

L'article conclut en appelant à une théorie plus graduelle des régimes d'auteur, qui admette une pluralité d'écritures entre l'œuvre la plus personnelle et la plus impersonnelle, en laissant le choix aux créateurs comme aux lecteurs, spectateurs et auditeurs.