Le poivre sauvage de Madagascar est menacé par la déforestation, mais sa culture pourrait générer des bénéfices économiques et préserver sa saveur unique.
Habitat du poivre sauvage en recul
Le poivre sauvage, espèce endémique de Madagascar, pousse sur des lianes qui grimpent jusqu'à la canopée de la forêt. Très prisé des chefs pour son profil aromatique unique, il se vend jusqu'à 200 euros le kilogramme en France.La déforestation menace la plante
Entre 1990 et 2025, les forêts de Madagascar ont reculé de 27 %, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Cette déforestation rend plus difficile la prospérité du poivre sauvage et oblige les cueilleurs à s'enfoncer plus profondément dans la forêt pour le trouver.Efforts de protection et de régulation
Olivier Roellinger, ancien chef étoilé au guide Michelin, a travaillé avec des organisations pour créer des zones de cueillette contrôlées pour le poivre sauvage. Cependant, les communautés locales contournent parfois ces règles, ce qui complique les efforts de conservation.Une zone agricole historique aujourd'hui transformée
Dans le village d'Ambongamarina, la cueillette du poivre sauvage était autrefois une activité courante. Mais la déforestation et les incendies ont fortement réduit le couvert forestier, obligeant les agriculteurs à parcourir de plus longues distances pour trouver la plante.Des signes de récolte persistante sur les marchés
À Antananarivo, la présence de poivre sauvage sur les étals des marchés indique que la récolte se poursuit. Mima Chateauneuf, de la société d'exportation Jacarandas, souligne la nécessité d'une traçabilité et d'un cadre national pour encadrer efficacement le commerce.Tentatives de domestication
Olivier Ramaherison tente depuis plus de dix ans de domestiquer le poivre sauvage sur des terres héritées de son père. Ses efforts ont abouti à une petite plantation de 500 à 1 000 plants, qui offre une solution potentielle pour faciliter la récolte et accroître les perspectives économiques de Madagascar.