Une réforme fiscale française visant la justice fiscale suscite le débat, ciblant les coûts de succession familiale et déclenchant un drame parlementaire nocturne.
Une réforme fiscale française suscite les inquiétudes des entreprises
Une réforme fiscale introduite par le gouvernement français vise à promouvoir la justice fiscale, mais elle a suscité des inquiétudes parmi les organisations patronales, en particulier le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti), qui craint qu'elle n'augmente le coût de la transmission des entreprises familiales à la génération suivante.Détails du mécanisme de report d'impôt
La réforme vise un dispositif connu sous le nom d'« apport-cession », qui permet aux entrepreneurs de reporter le paiement de l'impôt sur les plus-values lorsqu'ils transfèrent des actions à une société holding avant de les revendre. Dans certains cas, cet impôt peut être définitivement supprimé lors de transmissions de patrimoine effectuées par l'intermédiaire d'une société holding.Estimations du gouvernement et réactions politiques
Le gouvernement a indiqué que 34 milliards d'euros de plus-values avaient été placés en report d'imposition à la fin de 2023. La réforme devrait rapporter 500 millions d'euros de recettes d'ici 2027. La députée LFI Shéhérazade Bentorki a qualifié la proposition de « enfin un peu dans le bon sens », soulignant que les deux tiers des 34 milliards d'euros ne concernaient que 84 foyers fiscaux aisés.Des amendements restreignent le champ de la réforme
À l'issue des débats, les députés ont adopté un amendement du rapporteur général du budget, Philippe Juvin (LR), qui limite la nouvelle imposition à certaines donations et exclut les héritages. La mesure revue s'applique aux actions revendues (cessions) dans les huit ans suivant leur transfert à une société holding (apport), sous certaines conditions de réinvestissement. L'impôt peut également être acquitté sur dix ans.Un sous-amendement élargit la portée de la réforme
Un sous-amendement de l'écologiste Eva Sas, également adopté, a étendu l'application de la réforme aux opérations anciennes pour les donations réalisées à partir du 1er octobre 2026. Cela signifie que les entrepreneurs ayant utilisé par le passé ce dispositif fiscal pourraient être concernés s'ils transmettent ultérieurement leur patrimoine par donation.Une réforme adoptée de justesse lors d'une séance tardive
L'article a été adopté in extremis par 25 voix contre 23, à quelques minutes de minuit. Certains députés ont critiqué le calendrier : Gérault Verny (UDR) a qualifié d'« ubuesque » le fait que la réforme puisse s'appliquer dès le 1er octobre, avant même que la loi ne soit votée. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a reconnu que la rédaction devait encore être affinée au cours de la procédure parlementaire.Un Parlement confronté à une charge de travail importante
À la fin de la séance, plus de 2 800 amendements restaient à examiner sur la première partie du budget, consacrée aux recettes de l'État. Le vote sur cette partie est prévu mardi. Si les députés ne parviennent pas à achever l'examen, les discussions pourraient être suspendues, mais pas au-delà du 17 novembre, date limite de transmission du texte au Sénat.