Une météorite de 127 kg est tombée du ciel le 7 novembre 1492 près d’Ensisheim, en Alsace, creusant un cratère d’un mètre de profondeur dans un champ de blé. L’événement a été observé jusqu’à 150 km à la ronde, et un bruit assourdissant a retenti vers midi. Les chroniques de l’époque situent le phénomène entre 11 heures et midi. Une traînée de feu a traversé le ciel du Haut-Rhin, et l’explosion a été entendue sur des dizaines de lieues. Selon les récits, un jeune garçon aurait été le seul témoin direct et aurait guidé les habitants jusqu’au trou. Aussitôt, des curieux se sont mis à détacher des fragments. Un magistrat local a sauvé la météorite de la destruction en la transportant en ville avant l’arrivée du roi Maximilien, fils de l’empereur Frédéric III, qui approchait avec son armée. Selon l’historienne Ursula Marvin, la survie de la pierre a ainsi tenu à la décision d’un seul homme.
Dans les semaines qui ont suivi, des pamphlets ont été imprimés à Bâle, en latin et en vers allemands, rédigés par Sébastien Brant, poète de La Nef des fous. Ces textes présentaient la météorite comme un présage de victoire et exhortaient Maximilien à déclarer la guerre à la France. Le roi y a vu un signe de faveur divine et a ordonné que la pierre soit conservée dans l’église paroissiale d’Ensisheim. À la suite de sa victoire attendue, la renommée du bloc n’a fait que grandir. Au fil des ans, des détails étranges se sont ajoutés aux récits, comme une vieille inscription gravée sur la pierre, évoquant le fait que tout le monde en parlait sans jamais en dire assez. La Chronique de Nuremberg, imprimée en 1493, en conserve une image.
La météorite est restée dans l’église jusqu’en 1793, date à laquelle les révolutionnaires français l’ont transférée au nouveau musée national de Colmar. Là-bas, de nombreux fragments en ont été retirés. Selon une étude consacrée à la météorite, des morceaux sont aujourd’hui dispersés dans plus de 150 musées à travers le monde. Le bloc exposé à Ensisheim pèse désormais 56 kg, avec sa croûte de fusion vitrifiée intacte, une fine couche formée par la chaleur de son passage dans l’atmosphère. L’étude de Marvin, publiée en 1992 dans la revue Meteoritics, mentionne un spécimen de 56 kg présentant de larges zones de croûte de fusion. Des analyses ont également été menées à Paris et à Berlin. Marvin décrit la météorite comme la plus ancienne chute observée en Occident dont des fragments ont été conservés. Elle est tombée quelques semaines après le premier voyage de Christophe Colomb. Ensisheim se situe à environ 25 km au sud de Colmar. Le 7 novembre, la chute de la météorite fêtera ses 534 ans.
Chute de météorite à Ensisheim en 1492 préservée et distribuée dans le monde entier
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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