Marseille court handles multiple cases

Au tribunal judiciaire de Marseille, des audiences en comparution immédiate se tiennent à la suite des vols et des dégradations commis lors des manifestations du 17 octobre. Dans la salle d'audience bondée, familles, amis et soutiens assistent aux procès, tandis que d'autres audiences se déroulent simultanément à l'étage supérieur.

Supporter attends trial

Parmi les personnes présentes figure Issam El Khalfaoui, cofondateur de l'association SAVE (Stop aux violences d'État) et père de Souheil, tué par un policier à Marseille le 4 août 2021. Il est venu « en soutien » aux prévenus.

Young man gets prison sentence

Marco, 23 ans, originaire d'Aix-en-Provence, est condamné à six mois de prison pour le vol de quatre guitares et de cartes Pokémon dans le centre-ville. Sa précédente peine de six mois avec sursis est révoquée, ce qui porte la peine totale à un an de prison, avec possibilité d'un aménagement de peine.

Health issues lead to release

Un autre jeune homme de 21 ans, sans antécédents judiciaires et au chômage, comparaît pour recel de dix montres volées. Il demande le renvoi de son procès afin de préparer sa défense, invoquant son souhait de reprendre ses études et le fait qu'il souffre d'une maladie auto-immune. Un médecin juge que son état de santé est incompatible avec une incarcération.

Irregular migrant faces charges

Une ressortissante tunisienne en situation irrégulière est condamnée à douze mois avec sursis pour recel de trousses de cosmétiques de luxe, aux côtés de sa sœur, qui doit également être jugée. Elle devra en outre verser plus de 2 000 euros à deux policiers au titre du préjudice moral pour les insultes proférées pendant sa garde à vue. Le juge la met en garde : « À la prochaine infraction, vous irez directement à la maison d'arrêt des Baumettes. »

Case over a kick and AirPods

Après une suspension d'audience, une autre affaire retient particulièrement l'attention. Il s'agit cette fois d'un coup de pied donné dans une porte et d'une paire d'AirPods. Inès*, 19 ans, comparaît seule dans le box des prévenus, l'air découragé. Son cousin Iliès, 18 ans, est assis à ses côtés. Tous deux sont poursuivis pour avoir donné un coup de pied dans une porte du centre commercial Grand Littoral, dans les quartiers nord de Marseille, samedi après-midi.

Defendants describe their backgrounds

Le juge commence par examiner la personnalité des deux prévenus. Iliès retrace son enfance entre Marseille et Cannes. Son père, hospitalisé pour une addiction à l'alcool, est venu assister au procès. Le jeune homme vit en internat pendant la semaine et voit sa mère et son beau-père à Marseille le week-end. Son casier judiciaire est vierge. « Quand j'ai vu les gens le faire, je l'ai fait aussi, sans raison », explique-t-il, incapable de justifier ses actes. Il présente ses excuses à plusieurs reprises.

Inès struggles to explain actions

Inès peine elle aussi à s'expliquer. « J'ai suivi le mouvement », déclare-t-elle. Elle affirme être venue à Marseille pour la journée, sans savoir ce qui se préparait. Le juge se montre sceptique. Quant aux AirPods retrouvés dans sa poche, Inès affirme qu'une personne inconnue les lui a donnés au Vieux-Port. « J'ai accepté et j'ai tout de suite compris qu'ils étaient volés. » Le magistrat soupire. « Que comptez-vous faire de votre avenir ? » Les questions se poursuivent sur la situation personnelle d'Inès.

Judge questions future plans

Déscolarisée depuis la classe de troisième, la jeune femme explique être suivie par la mission locale. « Ce n'est pas la mission locale qui va vous apporter un emploi sur un plateau ! », rétorque le magistrat. Inès affirme n'avoir jamais été condamnée, mais le procureur relève un rappel à la loi pour intrusion et vol dans un établissement scolaire. « Cela ne semble pas vous avoir marquée », lui dit le juge.

Prosecutor requests prison time

Vient le temps des réquisitions du ministère public. Le procureur requiert huit mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt pour Iliès, et douze mois d'emprisonnement avec maintien en détention pour Inès. Des peines qui pourraient envoyer les deux cousins en prison pour un coup de pied dans une porte et, pour Inès, pour des accusations supplémentaires de recel et de rébellion.

Defense lawyers argue for leniency

Les avocats de la défense se succèdent à la barre. Tous deux insistent sur la nécessité d'individualiser les peines, à l'écart de la pression politique et médiatique entourant les événements du 17 octobre. « Il nous appartient de préserver ce qui fait notre société et ce qu'elle doit être », plaide l'un d'eux. Le second critique la « légèreté de la procédure », l'absence d'images pouvant étayer les accusations, et s'inquiète de « sanctions fermes en réponse au contexte ».

Court suspends hearing

L'audience est suspendue. Dans le hall, l'avocat fait les cent pas. « Je ne sais pas, je ne sais pas », répond-il lorsqu'on l'interroge sur le jugement à venir. La mère d'Inès, bouleversée, quitte la salle. L'attente est pesante. Quelques minutes plus tard, le tribunal rend sa décision. Inès est déclarée coupable de recel mais relaxée des faits de rébellion. Elle est condamnée à trois mois de prison avec sursis. Iliès est déclaré coupable de dégradation. Les amendes qui leur sont infligées s'élèvent à 500 euros, selon les éléments recueillis lors de l'audience. Parmi les familles, les larmes laissent place au soulagement. Les deux cousins échappent à l'incarcération requise par le procureur. Avant que les juges ne se retirent pour délibérer, Inès a pris une dernière fois la parole : « Cela fait quatre jours que je suis enfermée, j'ai compris la leçon. »