Spartacus, un film qui a remporté quatre Oscars et qui figure parmi les plus grands films américains selon l’American Film Institute, occupe une place complexe dans la carrière de son réalisateur, Stanley Kubrick. Ce long-métrage, qui raconte la révolte d’un esclave contre Rome, reste surtout associé à Kirk Douglas, qui en fut à la fois la star et le producteur. Kubrick a rejoint le projet alors qu’il était déjà en cours, sans avoir choisi ni le sujet ni les conditions de production, ce qui a limité sa capacité à imposer pleinement sa vision.
Le cinéaste a dû composer avec des tensions, notamment avec le scénariste Dalton Trumbo, en particulier sur la représentation du héros. Le film a également impliqué le directeur de la photographie Russell Metty, dont les prérogatives ont été empiétées par le besoin de Kubrick de superviser chaque détail. Malgré ces frictions, Metty a reçu l’Oscar de la meilleure photographie en 1961.
Le projet est né de l’initiative de Kirk Douglas, qui souhaitait adapter le roman de Howard Fast. Après qu’une première version du scénario, écrite par Fast, ne l’a pas satisfait, Douglas a confié l’écriture à Trumbo. Le choix du réalisateur a aussi été mouvementé : Anthony Mann a commencé le tournage avant d’être licencié après une courte période en raison de tensions croissantes avec Douglas. Kubrick a alors été engagé, après avoir déjà collaboré avec Douglas sur Les Sentiers de la gloire.
La présence de Trumbo a donné au film une dimension politique, car il subissait encore les conséquences du blacklist anti-communiste à Hollywood. Il travaillait sous le pseudonyme de Sam Jackson, mais Douglas a décidé de le créditer sous son vrai nom, un geste qui défiait le système imposant aux auteurs de travailler dans l’ombre.
Après le tournage, le film a encore dû faire face à des obstacles, comme les coupes exigées par la National Legion of Decency, une organisation catholique américaine. Des scènes jugées choquantes, dont une scène de bain impliquant Laurence Olivier et Tony Curtis, ont été supprimées. Cela a provoqué la colère de certains membres de l’équipe, comme Charles Laughton, qui a envisagé de poursuivre Douglas pour la perte de ses scènes.
La scène du bain a été restaurée en 1991 grâce aux efforts de Robert A. Harris et James C. Katz. Cette restauration a nécessité la reconstruction de la bande-son, avec Tony Curtis réenregistrant ses répliques et Anthony Hopkins prêtant sa voix à Olivier, décédé en 1989. Selon les notes de production d’Universal, Kubrick a donné son accord pour le projet et a fourni des instructions pour l’enregistrement de Hopkins, signe de son implication dans la préservation du film malgré ses réserves à son égard.
Spartacus reste un film marquant dans la carrière de Kubrick, salué par le public, avec une note de 4 sur 5 sur AlloCiné. Il est de nouveau disponible en VOD.
Spartacus et les défis créatifs de Stanley Kubrick
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Allociné



