La course à l’investiture présidentielle en France se précise : Édouard Philippe mène désormais le jeu selon le sixième baromètre Ifop sur l’élection présidentielle. Le maire du Havre devance désormais largement ses concurrents, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, qui accusent respectivement un retard de 8 et 9 points dans ce sondage. Cette dynamique est d’autant plus notable qu’elle laisse entrevoir la possibilité pour Philippe d’être le seul candidat en mesure d’éviter un duel au second tour entre la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen et le leader de gauche Jean-Luc Mélenchon, à 200 jours du premier tour. À gauche, la primaire avance également, avec deux grands débats prévus d’ici dimanche. L’un d’eux, organisé sur BFMTV, devrait s’avérer décisif pour façonner les positions des candidats. La scène politique se trouve en outre complexifiée par une enquête du média Médiapart sur Jordan Bardella, figure montante du Rassemblement national (RN), qui soulève des questions sur l’antisémitisme historique au sein du parti. Pendant ce temps, La France insoumise (LFI) réaffirme sa ligne traditionnelle de rejet du maintien de l’ordre et séduit les jeunes, quitte à provoquer des tensions dans les établissements scolaires. La campagne d’Édouard Philippe repose sur la défense du service public et des politiques modérées. Sa réforme des retraites, qui propose un âge légal de départ à 65 ans et 45 annuités, est présentée comme ni radicale ni clivante, même si certains critiques lui reprochent son manque d’audace. Le candidat a tenu à souligner que l’image de ses propositions compte moins que leur contenu, affirmant offrir ce qu’il juge juste et bénéfique pour le pays. Gabriel Attal et Bruno Retailleau restent dans la course, mais le premier n’a pas obtenu le niveau de soutien dans les sondages escompté malgré une mobilisation estivale. Retailleau, de son côté, peine à s’imposer et n’a pas su répondre aux défis posés par le RN, selon Le Figaro. Le leader du parti Renaissance, âgé seulement de 37 ans, pourrait encore prendre de l’élan, tandis que son rival accumule les difficultés. Les deux hommes devront tôt ou tard obtenir des soutiens et affiner leur communication. Édouard Philippe, lui, doit apprendre à se montrer plus ouvert et accessible sans donner l’impression de forcer sa nature, comme il l’a expliqué dans la dernière édition de La Tribune Dimanche, insistant sur le fait que le leadership ne s’improvise pas mais s’apprend.