Avec le premier tour de l’élection présidentielle française prévu pour le 18 avril 2027, les sondages actuels indiquent que Marine Le Pen, du Rassemblement national, mène dans tous les enquêtes publiées, que ce soit pour le premier ou le second tour, quel que soit son adversaire. Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, et Édouard Philippe, d’Horizons, sont au coude-à-coude pour le premier tour, avec des scores estimés entre 16 et 17 %. Gabriel Attal, de Renaissance, et Raphaël Glucksmann, candidat de la primaire socialiste, affichent des résultats moyens de 10 à 11 %, devant Bruno Retailleau, des Républicains, qui se situe autour de 8 %. À noter que le score de Gabriel Attal varie selon la présence d’Édouard Philippe dans la course : il oscille entre 12 et 15,5 % lorsque Philippe n’est pas candidat, et entre 5 et 9 % quand ce dernier est en lice. Les données historiques des cinq dernières élections présidentielles (2002 à 2022) montrent que le candidat en tête dans les sondages 200 jours avant le premier tour a remporté le premier tour dans quatre cas sur cinq. Cependant, les duels du second tour anticipés 200 jours avant l’élection ne se sont concrétisés que dans trois de ces scrutins : Nicolas Sarkozy face à Ségolène Royal en 2007, François Hollande face à Sarkozy en 2012, et Emmanuel Macron face à Marine Le Pen en 2022. Dans les deux autres élections, les candidats initialement pressentis pour le second tour n’ont pas accédé à cette phase : Jean-Marie Le Pen à la place de Lionel Jospin en 2002, et Macron plutôt qu’Alain Juppé en 2017. Les sondages réalisés 200 jours avant le premier tour n’ont pas toujours permis de prédire avec précision les résultats finaux. Dans trois des cinq dernières élections, les enquêtes donnaient un score proche de celui obtenu par le candidat du Front national/Rassemblement national au premier tour. Jean-Marie Le Pen avait été sous-estimé en 2007, tandis que Marine Le Pen avait été surestimée en 2017. À l’inverse, les chiffres de Mélenchon à ce stade de la campagne ont systématiquement sous-évalué ses résultats finaux au premier tour lors de ses trois candidatures. Jean-Yves Dormagen et d’autres observateurs soulignent que Bruno Retailleau et Dominique de Villepin, qui n’a pas encore officiellement déclaré sa candidature, disposent d’un potentiel électoral large mais « mou » (faible). Si leur candidature peut séduire une part significative de l’électorat, elle ne figure pas souvent parmi les priorités des votants.