L’artiste suisse Helge Reumann, connu pour des œuvres comme Sexy Guns (2014), Black Medicine Book (2017), SUV (2019), Totale Résistance (2021) et Sudation (2022), a publié un nouvel ouvrage intitulé Chöd aux éditions Atrabile en janvier. Cette œuvre sera présentée au festival Formula Bula, qui met en avant la bande dessinée alternative, le 26 septembre. Le festival se déroule du 25 au 27 septembre à Césure, à Paris, et est organisé en partenariat avec le magazine français Courrier international. Chöd propose une imagerie surréaliste et onirique, mêlant créatures douces et fondantes, silhouettes fantomatiques sans visage et gnomes peu amènes se reposant sur un canapé. Ces images s’inscrivent dans des paysages glacés et désolés, où des montagnes bleues et roses percent un ciel jaune, créant une atmosphère froide et inquiétante. L’œuvre est décrite comme énigmatique, avec une ambiguïté qui mêle menace et mélancolie. Reumann a expliqué dans un entretien accordé au journal suisse Le Temps que son processus créatif est intuitif, cherchant à éviter les interprétations trop intellectuelles ou symboliques. Il souhaite dérouter et désorienter le spectateur, laissant planer un doute sur ses intentions, tout en reconnaissant qu’il n’est pas toujours lui-même certain de celles-ci. Il a souligné que l’absence de sens défini constitue un élément clé de sa vision artistique. La RTBF, organisme médiatique belge, avait un jour décrit Black Medicine Book de Reumann comme possédant « une splendeur innommable », en raison de ses paysages détaillés et déserts, de ses montagnes lunaires et de ses glaciers bleus. Né en 1966 en Suisse, Reumann a découvert sa passion pour le dessin à l’âge de 5 ans après avoir vu Les Proverbes flamands de Pieter Bruegel. Ses influences vont de Tintin et du magazine Zoulou à David Lynch et Les Schtroumpfs, reflétant une diversité éclectique de sources d’inspiration. Chöd est interprété comme une allégorie du chaos, de la guerre de tous contre tous et de la nature autodestructrice de l’humanité. L’artiste a déploré en 2019 dans Le Courrier que les spectateurs ne perçoivent pas toujours l’humour présent dans son travail, qu’il considère comme une part essentielle de son expression artistique. Pourtant, la désorientation et le vertige que suscitent ses œuvres touchent un public universel.