Kerry James Marshall, artiste reconnu pour son travail mêlant thèmes politiques et art visuel, expose actuellement ses œuvres au Musée d’art moderne de Paris. Cette exposition constitue sa première rétrospective majeure en France, après plusieurs expositions prestigieuses aux États-Unis, dont l’une au Met Breuer à New York en 2016. L’événement présente environ 70 œuvres, dont de nombreuses toiles de grande envergure qui bousculent les formes artistiques traditionnelles en plaçant au centre des figures noires, historiquement exclues des premiers plans de l’art occidental.
L’exposition capte immédiatement l’attention par l’ampleur et la portée des œuvres figuratives de Marshall. Certaines peintures s’étendent jusqu’à dix mètres carrés, avec des toiles courbées pour épouser l’espace d’exposition, créant un effet mural. Les scènes représentées — familles, jardins, intérieurs, moments de détente — sont familières et du quotidien. On y voit des personnes lisant, dansant, se reposant, s’aimant. Pourtant, le détail frappant est que toutes les figures de ces scènes sont noires. Cette observation en apparence simple ouvre des couches de sens, soulevant des questions sur la représentation, la visibilité et le pouvoir du récit visuel.
Marshall évoque souvent son ambition d’unir politique et esthétique, affirmant que la peinture n’est pas un simple élément décoratif dans le discours politique, mais un espace central de lutte. Il interroge la capacité de la peinture à produire encore des images porteuses de sens dans un monde où les corps noirs ont souvent été marginalisés ou effacés de l’histoire de l’art occidental. Son travail répond à ce défi avec une virtuosité assumée, utilisant la tempera, des paillettes, des glacis et des couleurs riches pour créer des compositions vives et complexes. Si sa palette est luxuriante et colorée, la noirceur de ses sujets absorbe et définit ces teintes, en faisant une déclaration puissante.
Parmi les pièces phares de l’exposition figure Invisible Man (1986), une toile où un homme apparaît presque entièrement noir sur un fond noir, seuls ses yeux et ses dents étant visibles. Marshall réinterprète le rictus inquiétant du personnage de Mister Sardonicus, issu d’un film d’horreur, pour en faire une affirmation visuelle audacieuse. D’autres œuvres présentent des figures masculines grandeur nature émergeant de décors fantomatiques, mais sans être réduites à de simples symboles. Elles sont montrées en train d’accomplir des activités quotidiennes — jardiner, lire, se coiffer, flirter, travailler, trouver du plaisir. Ces figures occupent des espaces comme des salons, des parcs ou des ateliers avec une assurance tranquille, affirmant leur place légitime dans le récit de l’histoire de l’art.
L’exposition Kerry James Marshall : The Histories est visible au Musée d’art moderne du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
Rétrospective française de Kerry James Marshall : exploration de la représentation noire dans l'art
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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