Un tribunal français examine actuellement les agissements de Rohan Rane, un ressortissant indien de 29 ans arrêté à Antibes et accusé d’avoir dirigé un réseau qualifié d’« extrémiste violent nihiliste ». Le procès concerne six victimes américaines, un autre procès impliquant d’autres victimes étant prévu aux États-Unis. En France, Rane risque la prison à perpétuité. Les victimes, mineures au moment des faits présumés, auraient subi des traumatismes psychologiques et certaines ont dû suivre des années de thérapie. Certaines auraient même tenté de se suicider. L’avocat de Rane, Me Hippolyte Marquetty, a déclaré que son client apparaît froid et manipulateur, utilisant le mensonge répété comme outil pour créer un personnage dominant et effrayant en ligne. Selon l’enquête, son idéologie mêlerait des éléments de fascisme, de néonazisme et de masculinisme. Cependant, Me Marquetty a suggéré que les actes de Rane étaient davantage motivés par un besoin pathologique de domination que par une idéologie politique. Il était le leader d’une communauté Discord réunissant de jeunes hommes fascinés par l’ultraviolence et la soumission d’autrui. Rane est accusé d’avoir poussé de jeunes filles à s’automutiler, notamment en se gravant des svastikas sur la peau, en s’incisant le nom avec une lame de rasoir, en insérant un couteau dans des zones intimes ou en buvant leur propre urine. Il aurait également initié de fausses relations en ligne, obtenu des informations personnelles, puis utilisé des photos et des menaces pour exercer une pression sur les victimes, allant jusqu’à menacer de prévenir leurs parents ou leurs amis. Le processus de « séduction » n’était pas systématique, et les techniques de manipulation et de menace pouvaient être plus immédiates dans certains cas. Les victimes, dont certaines appartenaient à la communauté LGBT, juive ou noire, ont connu de longs mois, voire des années, de reconstruction, ont été retirées de l’école et ont subi des traumatismes extrêmes. Le procès se déroule à huis clos, en raison des craintes pour la sécurité des victimes et de la nécessité de préserver leur anonymat. Les victimes, aujourd’hui âgées de 19 à 21 ans, n’ont jamais vu le visage de Rane et ont été soumises à une manipulation en ligne. Ce procès est perçu comme ayant une dimension cathartique pour les victimes et vise également à sensibiliser aux dangers des réseaux sociaux. Certains ont exprimé le besoin de sessions partiellement fermées pour permettre un débat public sur la question, d’autant que Rane a inspiré d’autres groupes qui poursuivent leurs activités.