Un tribunal français a condamné Rohan Rane, un Indien âgé de 29 ans, à vingt ans de prison pour avoir dirigé un groupe en ligne appelé CVLT, qui forçait des adolescents à commettre des actes sexuels et des mutilations physiques. La cour d’assises de Paris a reconnu Rane coupable de plusieurs crimes graves, dont une extorsion organisée aggravée impliquant des actes de torture et de cruauté, en particulier contre des mineurs. Le parquet avait requis une peine de trente ans, mais la cour a finalement prononcé une peine de vingt ans. L’affaire concerne environ vingt victimes identifiées, dont plusieurs adolescentes américaines. Six jeunes femmes, âgées aujourd’hui de 18 à 21 ans, se sont constituées parties civiles, participant ainsi au procès pour demander justice au nom des victimes. Selon l’enquête, les adolescents, souvent âgés de moins de 15 ans au moment des faits, étaient contraints à des actes sexuels et à des mutilations physiques, parfois accompagnées de symboles nazis gravés dans leur peau. Les modérateurs du groupe, surnommés « seigneurs de guerre », qualifiaient les victimes de « femmes au foyer », un terme utilisé pour les déshumaniser. Certaines victimes ont été poussées vers des comportements suicidaires. Les membres du groupe partageaient des idées racistes, antisémites et antiféministes, créant un environnement marqué par des préjugés extrêmes et des abus. L’affaire a été déclenchée en novembre 2020 après un signalement du National Center for Missing and Exploited Children aux États-Unis concernant des images montrant une fillette de 12 ans incitée à se scarifier. Dans une note attribuée à Rane, CVLT est décrit comme « une secte sombre et sadique », l’auteur indiquant vouloir créer « une réserve inépuisable de masochistes pour assouvir mon sadisme ». L’audience à huis clos a été demandée par les autorités américaines en raison de menaces visant les victimes, les témoins et les procureurs, malgré l’opposition des parties civiles, dont l’avocat Hippolyte Marquetty souhaitait un procès pédagogique visant à sensibiliser le public sur ces crimes. Rane, arrêté en France au début de l’année 2021, devra quitter le pays après sa peine. Les États-Unis ont demandé son extradition pour le juger également. Cette affaire a attiré l’attention internationale en raison de la gravité des crimes et de l’implication de mineurs de différents pays. Elle met en lumière les dangers des groupes en ligne exploitant des personnes vulnérables et les défis liés à la poursuite de tels crimes à l’échelle transfrontalière.