Pasqal, une entreprise française de calcul quantique, s’efforce de rivaliser avec les leaders américains et chinois du secteur. Le nom Pasqal rend hommage à Blaise Pascal, célèbre philosophe et mathématicien français, le « q » symbolisant le quantique. Basée à Palaiseau sur le plateau de Saclay, Pasqal évolue dans une région réputée pour sa concentration d’innovations scientifiques et technologiques, souvent surnommée la « Silicon Valley française ». D’autres acteurs du quantique, comme Alice&Bob, Quandela et C12, sont également implantés dans ce pôle d’excellence. La technologie de Pasqal repose sur l’utilisation d’atomes de rubidium pour encoder l’information. Ces atomes sont piégés, déplacés et manipulés à l’aide de lasers dans un environnement sous ultra-vide. Ce vide, dont la pression est proche de celle de la surface lunaire, permet de préserver les propriétés quantiques des atomes, comme la superposition et l’intrication. Ces propriétés permettent aux bits quantiques, ou qubits, de représenter plusieurs états simultanément, offrant ainsi des solutions plus rapides et plus efficaces pour certains problèmes de calcul. Les processeurs quantiques développés par Pasqal sont logés dans de grandes boîtes noires afin d’éviter toute contamination. Ces enceintes sont pilotées par des systèmes électroniques qui régulent l’intensité, la direction et la polarisation de la lumière. Une couche logicielle coordonne le fonctionnement des processeurs, à l’image d’un système d’exploitation sur un ordinateur classique. Ces processeurs peuvent être intégrés dans des centres de données traditionnels et fonctionner en complément des processeurs classiques (CPU) ou spécialisés (GPU). Les applications du calcul quantique de Pasqal couvrent des secteurs variés, comme la santé, l’énergie, la logistique et la finance. Dans les domaines de la santé et de la chimie, le quantique permet de simuler des structures moléculaires, accélérant potentiellement la découverte de médicaments ou la conception de batteries. Dans le secteur énergétique, il facilite la gestion des réseaux intelligents et l’intégration des énergies renouvelables. En logistique, il optimise le transport maritime et les chaînes d’approvisionnement, tandis qu’en finance, il améliore l’analyse des risques de crédit et l’optimisation des portefeuilles. Pasqal est récemment devenue la première entreprise française de calcul quantique à s’introduire en Bourse aux États-Unis, levant 360 millions de dollars. Toutefois, son cours en Bourse a chuté de manière significative après son introduction. Malgré ces défis financiers, l’entreprise prévoit de doubler sa capacité de production en 24 mois, d’augmenter ses effectifs de près de 20 % et d’investir massivement dans la recherche et le développement pour mettre au point un ordinateur quantique tolérant aux pannes d’ici 2030. La Banque publique d’investissement (BPI) soutient Pasqal dans le cadre du plan stratégique « France 2030 », qui vise à renforcer la compétitivité industrielle et les technologies de demain avec un investissement total de 54 milliards d’euros sur six ans. L’entreprise prévoit également de s’introduire à la Bourse de Paris en 2027, après son introduction sur le Nasdaq.