L'agriculture française peut réduire l'usage des pesticides, mais cela exige une transition globale touchant tous les aspects de l'exploitation et une meilleure collaboration avec les agriculteurs.
Réduction des pesticides possible mais complexe
Un groupe de travail de l'Académie d'agriculture conclut qu'il est possible de réduire l'usage des pesticides dans l'agriculture française, mais que cela exige une transition globale qui prend en compte tous les aspects de la production agricole, notamment les rotations de cultures, les engrais, la consommation d'énergie, le parcellaire, la mécanisation et la gestion de l'eau.Bilan des anciens plans de réduction des pesticides
Publié en septembre, le rapport dresse un état des lieux de la situation et revient sur l'histoire des plans Ecophyto. Ces plans visaient à réduire fortement l'usage des produits phytosanitaires, tels que les pesticides et les herbicides, mais ils n'ont que partiellement atteint leurs objectifs.Critiques des approches passées
Les auteurs relèvent que les plans Ecophyto ont été critiqués pour s'être concentrés sur un seul groupe d'acteurs et pour avoir imposé des objectifs sans concertation. Cette approche a donné aux agriculteurs le sentiment d'être des accusés plutôt que des acteurs de la transition vers des pratiques plus durables.Les difficultés de mise en œuvre du changement
Le rapport indique que, sur le plan technique, les solutions permettant de réduire l'usage des pesticides sont connues. Le principal défi réside toutefois dans la levée des points de blocage et dans la nécessité que les agriculteurs adhèrent pleinement à la transition vers des méthodes plus durables et s'en approprient la mise en œuvre.Besoin de soutien des politiques publiques et du marché
Les auteurs insistent sur la nécessité de lier la transition aux politiques publiques et à une démarche contractuelle. Ils suggèrent de créer un nouveau marché pour les produits issus de l'agriculture en transition, crédibles et qui rémunèrent équitablement les efforts des agriculteurs.Approches existantes et leurs limites
Ils recommandent de s'appuyer sur des approches existantes, comme l'agriculture régénératrice et les stratégies territoriales, qui permettent de s'adapter aux conditions locales et favorisent la confiance entre les acteurs. Le rapport reconnaît toutefois les imperfections de l'agriculture régénératrice, notamment les ambiguïtés entourant les pratiques agricoles qui lui sont associées.