Le 13 février 1997, une vague scélérate a frappé le cargo battant pavillon allemand Tokio Express, à environ 20 milles marins (32 km) au large de Land's End, alors qu’il faisait route de Rotterdam vers New York. La vague a provoqué la chute de 62 conteneurs par-dessus bord. L’un de ces conteneurs, expédié depuis le Danemark, contenait près de 5 millions de pièces de Lego, dont plus de 33 000 dragons noirs et quelques centaines de dragons verts, selon les rapports de presse. Le conteneur renfermait également des pièces issues de sets comme Aquazone ou Pirates, ainsi que des palmes de plongée, des bouteilles de plongée, des fleurs et des gilets de sauvetage jaunes.
Le capitaine du navire a décrit la vague comme un phénomène rare, susceptible de se produire une fois par siècle, selon la BBC, citée par Live Science. Il a indiqué que le bateau s’est incliné à 60 degrés d’un côté, puis à 40 degrés de l’autre. Dans les jours qui ont suivi, des pilotes d’hélicoptère ont signalé une couche de pièces de Lego flottant à la surface de l’eau.
Près de trente ans plus tard, des dragons noirs en Lego continuent de s’échouer sur les plages de Cornouailles et du Devon, surtout après les tempêtes. Une étude menée par l’Université de Plymouth, publiée dans la revue Environmental Pollution le 29 février 2020, suggère que ces pièces pourraient persister dans l’environnement marin jusqu’à 1 300 ans. L’étude, dirigée par Andrew Turner, Rob Arnold et Tracey Williams, a comparé 50 pièces collectées sur les plages du sud-ouest de l’Angleterre à des pièces neuves conservées depuis les années 1970 et 1980. Les chercheurs ont estimé que les pièces avaient vieilli entre 100 et 1 300 ans, cette dernière limite étant soulignée dans le titre de l’étude : « Weathering and persistence of plastic in the marine environment: Lessons from LEGO ». Cependant, l’étude précise que l’estimation de 1 300 ans s’applique aux briques Lego en plastique ABS en général, et non spécifiquement aux dragons issus du Tokio Express. D’autres pièces collectées pourraient provenir de déchets domestiques ou avoir été perdues par des visiteurs.
Tracey Williams a commencé à collectionner des pièces de Lego en 1997, en ramassant des objets sur les plages du Devon avec ses enfants. Elle a ensuite lancé le projet LEGO Lost at Sea pour répertorier ces découvertes, avec l’aide de plongeurs, d’océanographes et de pêcheurs. Sa page est devenue un registre collectif des dérives. Selon Williams, un dragon vert suffit à rendre un voisin jaloux. Elle a noté qu’en 2014, elle ne connaissait que trois pieuvres trouvées, dont une par elle-même, dans une grotte de Challaborough, dans le Devon.
Toutes les pièces de Lego perdues ne flottent pas. Selon Great British Life, la majeure partie du chargement se serait déposée au fond de l’océan, et ce qui échoue sur le sable correspond principalement à la fraction légère, remuée par les tempêtes. Certaines pièces ont parcouru de longues distances : une pièce en forme de plante a été retrouvée en 2018 sur la plage de St Bees, dans le Cumbria, et des experts ont estimé qu’elle avait pu parcourir jusqu’à 62 000 miles. L’océanographe Curtis Ebbesmeyer avait prédit que les courants transporteraient ces pièces vers l’Arctique, voire au-delà du Pacifique.
Des bénévoles de Rame Peninsula Beach Care et du projet LEGO Lost at Sea ont déjà retiré des milliers de pièces et d’autres déchets plastiques lors de nettoyages réguliers au cours de la décennie précédant l’étude. Pour ceux qui arpentent ces côtes, le geste est simple : après une tempête, il suffit d’observer la ligne de marée, de noter l’endroit où la pièce a été trouvée, de la photographier et de l’envoyer au projet LEGO Lost at Sea. Tracey Williams consulte les horaires des marées chaque matin et se rend sur la plage à 5 heures.
Une vague scélérate disperse des millions de pièces Lego, certaines retrouvées des décennies plus tard
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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