Infirmière licenciée pour port d'un calot

L'infirmière Majdouline B., employée à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris depuis 2018, a été licenciée en novembre 2025 par l'AP-HP, l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris, pour le port régulier d'un calot, une coiffe en tissu utilisée dans les blocs opératoires et les services de réanimation.

Motif du licenciement et réponse de l'infirmière

L'AP-HP a invoqué le calot comme une violation des règles d'hygiène et de sécurité. L'infirmière a affirmé qu'il s'agissait d'une question de vie privée et que ce couvre-chef n'indiquait aucune appartenance religieuse. Elle a soutenu que le calot n'avait aucun lien avec ses convictions.

Recours juridique et réintégration

En janvier, l'infirmière a obtenu un référé-suspension, qui a suspendu son licenciement. Un tribunal administratif a jugé la sanction disproportionnée et a ordonné sa réintégration. L'AP-HP a alors remplacé le licenciement par une suspension de huit mois.

Le tribunal examine l'affaire en détail

Dans une décision récente, le tribunal administratif a examiné l'affaire en détail et n'a trouvé aucun règlement interne interdisant le calot pour des raisons d'hygiène ou de sécurité. Il a également relevé que l'AP-HP n'avait fourni aucune preuve que le calot présentait un risque infectieux.

Le tribunal juge la sanction disproportionnée

Le tribunal a estimé que le refus de l'infirmière d'ôter son calot ne compromettait pas gravement l'intérêt public et qu'une suspension de huit mois était disproportionnée. Il a annulé l'exclusion temporaire et ordonné sa réintégration avec rappel de salaire.

Représentation juridique et réaction publique

L'avocat de l'infirmière, Me Lionel Crusoé, a déclaré que la décision du tribunal correspondait à ses attentes, en soulignant que le calot est un article courant dans les hôpitaux. Des soignants ont témoigné que beaucoup portaient un calot sans problème, et que certains étaient à tort soupçonnés de le porter pour des raisons religieuses.

Portée plus large et déclarations

Blandine Chauvel, représentante du personnel à la Pitié-Salpêtrière, a critiqué l'idée selon laquelle un calot indiquerait une appartenance religieuse, qu'elle a qualifiée de forme de préjugé et de discrimination raciale. Elle s'est félicitée de la clarification apportée par le tribunal afin de prévenir de tels préjugés sur le lieu de travail.