Les opposants à l’extension proposée de la ligne 1 du métro parisien se sont rassemblés à Vincennes, un quartier des banlieues est de Paris, pour manifester contre ce projet. Cette extension, prévue par Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité régionale des transports, et la RATP, l’opérateur public de transport, doit prolonger la ligne jusqu’à la gare RER de Val-de-Fontenay, dans le Val-de-Marne. Le tracé passerait en partie sous la forêt de Vincennes, un espace historique et naturel. Une manifestation est prévue dimanche 11 octobre. Cette extension de 5 kilomètres ajouterait trois nouvelles stations : Rigollots à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), Grands Pêchers à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et Val-de-Fontenay. Le projet vise à améliorer l’accès aux transports pour les habitants de la région. Si elle est réalisée, le trajet entre le château de Vincennes et Val-de-Fontenay prendrait environ huit minutes. Le projet suscite des critiques en raison de son impact environnemental potentiel. Marie-Noëlle Bernard, présidente du groupe écologiste Touche pas à mon bois, qui organise la protestation, s’inquiète de la destruction d’arbres dans la forêt. Elle qualifie le projet de « catastrophe pour l’environnement en période d’urgence climatique », soulignant que les arbres contribuent à capter le dioxyde de carbone et à rafraîchir les températures. Elle met en garde : ce projet « détruira tout un écosystème vivant : des arbres centenaires, des animaux, et 300 ans d’histoire ». IDFM défend l’extension, affirmant qu’après une enquête publique en 2022 et un avis défavorable de la commission d’enquête, elle a relancé les études sur le projet. Selon IDFM, le nombre d’arbres affectés serait compris entre 221 et 337, un chiffre inférieur aux 484 estimés dans la version de 2022. L’autorité évoque également une stratégie de compensation écologique, incluant le reboisement, la rénovation des zones touchées et l’amélioration de la continuité écologique. Marie-Noëlle Bernard rejette ce plan, estimant que « la nature ne peut pas être compensée » et que le reboisement ne permettrait pas de restaurer la forêt. Elle ajoute que la compensation consisterait probablement en des arbustes plutôt que des arbres, et que la forêt « ne sera plus jamais la même ». Le coût du projet fait également débat. Les groupes écologistes critiquent l’estimation de 2,5 milliards d’euros, jugée excessive. IDFM, en revanche, indique que le coût ajusté, basé sur les conditions économiques de 2026, serait d’environ 1,7 milliard d’euros. Ce montant inclut les études de conception détaillée, la construction et les acquisitions foncières, mais pas le coût du matériel roulant comme les trains. Une consultation publique, organisée par IDFM, a débuté le 5 octobre et se poursuivra jusqu’au 11 décembre, permettant aux habitants d’exprimer leur avis. Après cette consultation, une enquête publique en 2028 décidera de l’avenir du projet.