Un rapport de QuotaClimat et de la Fondation Jean-Jaurès, publié le 5 octobre, a recensé 63 cas de désinformation climatique sur la chaîne d'information française CNews en juillet 2025. Cela représente 64 % de l'ensemble des cas identifiés sur quatre chaînes d'information en continu, dont BFMTV, LCI et Franceinfo. Les auteurs du rapport soulignent que 67 % des cas relevés sur CNews étaient attribués à des journalistes ou à des commentateurs. QuotaClimat a déposé une plainte auprès de l'Arcom, le régulateur français de l'audiovisuel, pour demander un avertissement formel concernant la diversité de l'information et l'exactitude des reportages. CNews a rejeté les conclusions du rapport, remettant en cause sa méthodologie et affirmant que les sujets environnementaux sont régulièrement abordés dans ses programmes. Dans le débat sur la nature des contenus diffusés, trois termes — désinformation, mésinformation et malinformation — sont utilisés pour décrire différents types d'informations fausses ou trompeuses. Ces concepts peuvent être distingués par deux critères principaux : la véracité de l'information et l'intention de la personne qui la partage. La mésinformation désigne la diffusion d'informations fausses ou inexactes sans que la personne en ait conscience. Selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié en 2024, cela se produit lorsqu'une personne partage de fausses informations sans le savoir et sans intention de tromper le public. Par exemple, une personne pourrait relayer une fausse alerte sanitaire reçue d'un ami, en croyant qu'elle est exacte. Même si cette personne agit de bonne foi, l'information peut nonetheless causer des dommages, comme le souligne le Centre national de crise belge. La désinformation, quant à elle, implique un effort délibéré pour tromper. L'OCDE la définit dans une publication de 2020 comme la « diffusion intentionnelle d'informations fausses ou susceptibles de semer la confusion dans l'intention de tromper ». Cela peut inclure la fabrication d'un faux avis municipal annonçant une fermeture d'école pour induire le public en erreur. Si une autre personne partage ce document en le croyant authentique, elle serait alors en train de propager de la mésinformation. Les objectifs de la désinformation peuvent varier, allant de l'influence sur l'opinion publique à l'obtention d'un gain financier. Le Centre de crise belge note également que la désinformation peut mêler des faits réels à des éléments faux, et ne repose donc pas toujours sur une histoire entièrement inventée. Enfin, la malinformation consiste à utiliser des informations vraies pour nuire. Le Conseil de l'Europe la définit comme « des informations fondées sur des faits réels, utilisées pour causer un préjudice ». Un exemple fourni par le Centre national de crise belge est le partage d'images privées ou intimes, qui sont réelles mais diffusées dans l'intention de nuire à la personne concernée. Contrairement à la désinformation, qui repose sur des contenus faux, la malinformation s'appuie sur des faits exacts, mais avec une intention malveillante. Distinguer ces différents types d'informations exige non seulement de vérifier l'exactitude des faits, mais aussi d'analyser l'intention derrière leur diffusion. Une information fausse ne prouve pas automatiquement une volonté de tromper, et une information exacte peut encore être utilisée pour causer du tort.