La sonde japonaise Nozomi, lancée en 1998, a connu de nombreux problèmes et n'a pas pu se placer en orbite autour de Mars, mais son héritage perdure avec la future mission MMX vers Phobos.
La sonde martienne japonaise Nozomi lancée en 1998
La sonde martienne japonaise Nozomi, lancée le 4 juillet 1998 depuis le Centre spatial de Kagoshima à bord d'une fusée M-V, a affronté de nombreuses difficultés au cours de son voyage de cinq ans. Initialement baptisée Planet-B avant son lancement, la sonde a été développée par l'Institut des sciences spatiales et astronautiques (ISAS) en collaboration avec l'université de Tokyo.La mission et les caractéristiques techniques de Nozomi
Son objectif était d'étudier l'atmosphère martienne, en particulier sa haute atmosphère, et de comprendre comment le vent solaire l'érode au fil du temps. La sonde avait une masse à vide de 258 kilogrammes et emportait 282 kilogrammes d'ergols.Plan de vol initial et problèmes de propulsion
Le plan de vol prévoyait deux survols lunaires les 24 août et 8 décembre 1998, suivis d'un survol motorisé de la Terre le 20 décembre 1998, à une altitude d'environ 1 000 kilomètres. Cette manœuvre devait fournir l'impulsion nécessaire pour atteindre Mars dès octobre 1999. Cependant, une vanne de poussée défectueuse a entraîné une poussée insuffisante, et deux corrections de trajectoire effectuées le lendemain ont encore aggravé le déficit de carburant.Refonte de la mission et dommages causés par les éruptions solaires
L'arrivée prévue le 11 octobre 1999 a été annulée, et la mission a dû être repensée, ce qui a nécessité quatre années supplémentaires en orbite héliocentrique ainsi que deux nouveaux survols terrestres. Un tournant majeur est survenu le 21 avril 2002, lorsque de puissantes éruptions solaires ont frappé Nozomi, endommageant ses systèmes de communication et d'alimentation électrique.Perte de communication et tentatives de récupération
Un court-circuit s'est produit dans une cellule chargée de contrôler le chauffage du système de contrôle d'attitude, provoquant le gel de l'hydrazine, carburant essentiel à l'orientation de la sonde. Le contact a été perdu le 15 mai 2002. Après deux mois de recherches, les équipes de l'ISAS ont retrouvé la balise de la sonde, mais la situation restait critique : l'engin dérivait, à moitié aveugle, avec un système de propulsion partiellement hors d'usage.Efforts pour dégeler le carburant gelé
Les ingénieurs ont tenté d'utiliser le réchauffement naturel à mesure que la sonde se rapprochait de la Terre pour faire dégeler le carburant gelé. Deux survols terrestres de secours, le 21 décembre 2002 à une altitude d'environ 29 510 kilomètres, puis le 19 juin 2003 à environ 11 023 kilomètres, ont permis au carburant de dégeler. Cependant, les systèmes endommagés par les éruptions solaires n'ont pas été entièrement rétablis.L'approche finale de Nozomi vers Mars
Le 9 décembre 2003, Nozomi a enfin approché Mars, cinq ans après son départ. L'insertion en orbite était prévue pour le 14 décembre. Cependant, les tentatives d'orienter correctement l'engin ont échoué en raison de l'affaiblissement des systèmes électriques. L'ISAS a décidé de faire fonctionner les petits propulseurs restants le 9 décembre afin d'augmenter la distance minimale d'approche à 1 000 kilomètres, pour éviter un crash incontrôlé à la surface martienne, qui aurait pu provoquer une éventuelle contamination biologique.La dérive incontrôlée de Nozomi
Le 14 décembre 2003, Nozomi est passée près de Mars sans se mettre en orbite, puis s'est éloignée dans l'espace sur une trajectoire héliocentrique d'environ deux ans. La mission a coûté environ 20 milliards de yens, soit près de 186 millions de dollars. Le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun avait estimé les chances de succès proches de zéro bien avant l'annonce officielle de l'abandon de la mission.Le nouveau projet martien japonais avec MMX
Vingt-huit ans après l'échec de Nozomi, le Japon se prépare à retenter l'aventure avec la sonde MMX. L'Agence japonaise d'exploration aérospatiale (JAXA) a confirmé le lancement de la sonde MMX à bord d'une fusée H3, avec une date de lancement initiale fixée au 20 octobre 2026 à 4 h 41 heure locale, et une période de réserve s'étendant jusqu'au 7 novembre.La mission de MMX vers Phobos
Cette fois, la cible n'est pas Mars elle-même, mais sa lune Phobos, où la sonde doit prélever au moins 10 grammes de matière avant de les rapporter sur Terre en 2031.