La guerre au Liban a déplacé 760 000 personnes, dont beaucoup contraintes à des rapports sexuels transactionnels pour survivre face à l'aggravation des crises.
Chiffres des déplacements au Liban
Les autorités libanaises indiquent que près de 760 000 personnes ont été déplacées depuis la reprise de la guerre en mars 2026, principalement dans le sud du pays et dans la banlieue sud de Beyrouth.Le sexe transactionnel comme stratégie de survie
Dans ce contexte, le recours au sexe transactionnel apparaît pour certaines d'entre elles comme un moyen d'assurer leur survie. Ce terme désigne l'ensemble des activités sexuelles fournies en échange d'avantages matériels ou immatériels.Recherche sur le sexe transactionnel
Des chercheurs du Liminality Research Consortium ont mené une étude en 2022 afin de briser les tabous entourant cette réalité. Cette étude, qui portait sur le Liban, la Turquie, la Grèce, la Jordanie et la Suisse, a révélé que 69 % des 261 participants déclaraient avoir observé ou vécu des situations de sexe transactionnel.La protection en échange de faveurs sexuelles
Le recours au sexe transactionnel est façonné par de nombreux facteurs. D'abord, le besoin des réfugiés, et en particulier des femmes, d'assurer une certaine forme de protection tout au long du parcours migratoire, durant lequel elles sont souvent exposées à des risques de violences physiques et sexuelles.Le mariage comme stratégie de protection
Pour se protéger du harcèlement et des violences sexuelles de la part d'hommes pendant leur déplacement, d'autres femmes voyageant seules s'arrangent avec un homme, en se faisant parfois passer pour un couple, ou organisent un mariage avant leur départ. Une réfugiée explique que ces stratégies sont souvent motivées par la peur.Précarité financière et options limitées
Un autre facteur majeur est la précarité financière. Au Liban, l'accumulation des crises politiques et économiques continue de fragiliser les populations réfugiées et locales les plus exposées. Pour ces groupes, les perspectives d'emploi restent limitées en raison de restrictions légales ou de la stigmatisation sociale.Difficultés de logement et exploitation
Pour beaucoup, cette situation est aggravée par les obstacles à l'accès au logement. Nombreux sont ceux qui se retrouvent dans des espaces exigus, souvent surpeuplés et dans des conditions de vie précaires. Dans certains cas, cette vulnérabilité est exploitée pour exiger des relations sexuelles en échange d'un logement.Mariages arrangés et survie économique
Dans ce contexte difficile, certains réfugiés ou habitants locaux se tournent également vers des mariages arrangés ou de complaisance, souvent pour accéder à un statut juridique ou à une forme de stabilité économique. Ces arrangements sont fréquents et tendent à être banalisés, mais sont parfois décrits comme inégalitaires et marqués par dynamiques d'abus.Prostitution organisée et risques de traite
Le sexe transactionnel représente non seulement une stratégie de survie, mais aussi, parfois, un moyen de reprendre le contrôle de son avenir. Certains participants à l'étude décrivent des formes plus organisées de sexe transactionnel, qui peuvent accroître la vulnérabilité à la violence et à l'exploitation, y compris à la traite des êtres humains.Déplacements continus et crise humanitaire
La guerre de 2024 au Liban, ravivée en 2026, a entraîné le déplacement interne répété de plus d'un million d'habitants, aggravant des conditions de vie déjà précaires. Un cessez-le-feu et un accord-cadre entre le Liban et Israël en juin 2026 n'ont que légèrement contribué à atténuer la crise humanitaire.Témoignages personnels et risques sanitaires
Maysam, une réfugiée transgenre originaire d'Irak, a été contrainte d'échanger des faveurs sexuelles contre un logement pendant la guerre. Si cette solution lui offrait une sécurité temporaire, elle affirme avoir été exposée au VIH pendant cette période et doit désormais composer avec ce diagnostic.Un soutien humanitaire limité
L'« Appel flash pour le Liban », lancé par les Nations unies, n'a pour l'instant permis de mobiliser que 51,3 % des fonds nécessaires pour répondre aux besoins liés au déplacement massif de population et aux dégâts infligés aux infrastructures. Face à cette réalité, le recours à des stratégies de survie, comme le sexe transactionnel, pourrait augmenter parmi les populations les plus exposées au Liban.