La renaissance de Steffani en musique

Agostino Steffani, prêtre, diplomate et compositeur italien des XVIIe et XVIIIe siècles, a suscité un regain d'intérêt ces dernières années grâce à des spectacles et enregistrements signés par des artistes de renom comme Cecilia Bartoli et Philippe Jaroussky. Ses opéras, peu nombreux, sont aujourd'hui considérés comme des œuvres importantes de la musique baroque.

Le style musical de Steffani

Les compositions de Steffani allient le bel canto italien au contrepoint et à l'instrumentation allemands, ainsi qu'à la chorégraphie française et au panache théâtral. Cette fusion, connue sous le nom de style « goûts réunis », distingue son œuvre de celle de ses contemporains de l'école de Hambourg, dont Reinhard Keiser et Georg Friedrich Händel.

Orlando generoso, une œuvre remarquable

Orlando generoso (1691), l'un des opéras les plus célèbres de Steffani, fut composé pour le tout nouvel opéra de Hanovre. Le livret, inspiré de l'Orlando Furioso de Ludovico Ariosto, présente un récit complexe, avec de nombreux personnages et des rebondissements élaborés.

Nouveaux choix d'enregistrement et de mise en scène

Un enregistrement récent d'Orlando generoso utilise une édition légèrement révisée, qui attribue davantage de solos au personnage-titre et moins à Medoro. La mise en scène, si elle ajoute des éléments visuels, détourne parfois l'attention de la musique, notamment à cause de bruits de scène et d'ajustements vocaux qui affectent l'interprétation de la basse Streten Manojlović.

Distribution et interprétations

La distribution de cet enregistrement est moins prestigieuse que celle de productions antérieures, comme Niobe. Si certains interprètes, comme la soprano Shira Patchornik, offrent des prestations vibrantes et lyriques, d'autres, à l'image de l'Angélique d'Hélène Walter, sont moins dynamiques que dans les versions précédentes.

Les défis du rôle-titre

Le rôle d'Orlando est particulièrement exigeant pour un contre-ténor, car il requiert à la fois endurance vocale et précision technique. Terry Wey, qui interprète ce rôle ici, évite autant que possible le registre de fausset et privilégie sa voix de poitrine pour obtenir un son plus séduisant, quitte à manquer de variété.

Éloges pour la direction et l'ensemble

La cheffe d'orchestre Dorothee Oberlinger et l'Ensemble 1700 proposent une interprétation vibrante et riche sur le plan émotionnel de Orlando generoso. Leur version met en lumière les contrastes dramatiques et les nuances musicales de la partition, offrant une lecture plus expressive et moins clinique que les enregistrements précédents.