Des déchets scellés dans des mines souterraines

La France a officiellement approuvé le scellement définitif de 42 000 tonnes de déchets industriels enfouis à 500 mètres sous terre à Wittelsheim, dans le Haut-Rhin, à proximité d'une nappe phréatique qui alimente en eau potable environ deux millions de personnes. Le tribunal administratif de Strasbourg a validé cette décision, qui clôt un processus juridique s'étalant sur plus de trente ans.

Des substances toxiques stockées pendant des décennies

Ces déchets, composés de substances telles que l'arsenic, le mercure, l'amiante, le chrome et des résidus d'incinération, ont été stockés dans d'anciennes mines de potasse à partir de 1990. Un incendie survenu en 2002 a interrompu les opérations et mis en évidence des failles dans le système de confinement.

Des barrières en béton retenues pour le confinement

Les autorités ont opté pour un confinement au moyen de barrières en béton et du remblaiement des puits d'accès, invoquant l'impossibilité technique d'extraire en toute sécurité l'ensemble des déchets. Le tribunal a jugé qu'il s'agissait de la seule solution viable pour garantir l'étanchéité à long terme, même si les experts rappellent que le béton n'est pas un matériau éternel.

Des risques de dégradation dans le temps

Un rapport de 2023 a mis en garde contre la dégradation progressive des revêtements des galeries et souligné qu'au-delà de 100 mètres de profondeur, il devient mathématiquement impossible de garantir la durabilité de ces structures. La décision d'abandonner toute extraction supplémentaire de déchets au profit de leur enfouissement a été annoncée en janvier 2021, après un retrait partiel réalisé entre 2015 et 2017.

Une opposition à la décision finale

Ce choix a suscité l'opposition de la Collectivité européenne d'Alsace, d'Alsace Nature et de riverains, qui estimaient qu'une solution plus sûre aurait pu être trouvée avec davantage de temps et de moyens. Le processus a été jalonné de recours judiciaires et de suspensions de travaux avant l'approbation finale du tribunal.

Des risques à long terme pour l'approvisionnement en eau

Les experts avertissent que la nappe phréatique du Rhin, qui alimente en eau potable plus de sept millions de personnes en France, en Allemagne et en Suisse, pourrait à terme être contaminée, faute de garanties d'étanchéité absolue. Pour de nombreux experts techniques, le risque à long terme de migration des polluants vers la nappe est considéré comme inévitable, malgré les mesures de scellement. Ce dossier met en lumière les limites des approches actuelles de gestion des déchets dangereux et les incertitudes liées à la confiance accordée à des barrières artificielles pour contenir indéfiniment des matières toxiques.