Adolescent, Lucien Bonaparte, alias « Brutus », sauve sans le savoir un orgue historique en transformant une basilique en entrepôt militaire pendant la Révolution française.
Un jeune homme arrive dans le département du Var
Un jeune homme de 18 ans arrive dans une petite ville du département du Var, dans le sud de la France, se présentant sous le nom de « Brutus ». Il commence à rebaptiser les lieux de la région avec des noms issus de la Révolution française, appelant par exemple Saint-Maximin « Marathon » et la Sainte-Baume « les Thermopyles ».Le rôle de Lucien Bonaparte
Ce jeune homme est Lucien Bonaparte, le frère cadet du futur empereur Napoléon. À l'époque, il était magasinier chargé de la gestion des approvisionnements de l'armée. Ses actions, en apparence anodines, allaient involontairement contribuer à préserver un trésor historique important.La transformation de la basilique
La basilique de Saint-Maximin, grand lieu de pèlerinage dédié à Marie-Madeleine, n'abritait déjà plus de communauté religieuse. Les frères dominicains qui en assuraient la gestion durent quitter les lieux en 1791, au cours des bouleversements de la Révolution française. Le bâtiment fut alors transformé en entrepôt militaire pour stocker vivres et matériel.La survie de l'orgue
À l'intérieur de cette basilique reconvertie se trouvait un trésor remarquable : un grand orgue construit entre 1772 et 1774 par le frère dominicain Jean-Esprit Isnard. Doté de 2 960 tuyaux, presque tous d'origine, il compte parmi les rares exemples survivants de la facture d'orgue française du XVIIIe siècle, avec celui de Poitiers.Légendes de protection
Une légende locale raconte un épisode dramatique survenu pendant la Révolution. Des figures révolutionnaires venues détruire la basilique auraient rencontré l'organiste Fourcade, qui jouait La Marseillaise à l'orgue. Cette interprétation patriotique aurait pu convaincre les révolutionnaires d'épargner le site, bien que l'histoire demeure non vérifiée.Préservation et renouveau
L'orgue a fait l'objet de plusieurs restaurations, notamment par Yves Cabourdin entre 1986 et 1991, puis à nouveau en 2017. L'organiste Pierre Bardon, qui s'occupait de l'instrument depuis 1961, a joué un rôle essentiel pour le maintenir en vie jusqu'à sa mort en février dernier, à l'âge de 86 ans.Un festival en hommage au patrimoine
L'histoire de la basilique continue d'être célébrée aujourd'hui. Un festival d'orgue organisé dans la basilique l'été dernier, du 12 au 23 août, a permis aux amateurs de musique de découvrir la sonorité de ses 2 960 tuyaux d'origine. Cet événement rend hommage à la survie de l'instrument à travers la révolution et le temps.