Les étudiants parisiens transforment les blocages en universités éphémères, proposant des cours sur la dette et Macron, et défiant l'éducation traditionnelle par un apprentissage de terrain.
Les étudiants organisent des cours pendant le blocus
Des étudiants de l'École normale supérieure d'Ulm, à Paris, se réunissent pour assister à des cours sur des sujets comme le « chantage à la dette », dans le cadre d'une « université populaire » organisée par les étudiants eux-mêmes, pendant un blocus toujours en cours. Cette initiative, présentée comme une université « par les étudiants et pour les étudiants », fonctionne selon une structure non hiérarchique et collaborative.Économistes et étudiants discutent du mouvement
Arthur Jatteau, économiste et enseignant à l'université de Nanterre, a relevé que les décisions politiques se cachent souvent derrière des pressions économiques. Elvire, étudiante en histoire de l'art, a déclaré que le blocus n'est pas une fin en soi, mais un moyen de promouvoir des conférences éducatives liées à la mobilisation.Inspirée des universités libres du passé
L'université populaire de l'ENS s'inspire de l'université libre expérimentale de Vincennes, créée après mai 1968 puis démolie en 1980. Ses cours abordent des sujets variés, dont « la cité utopique au cinéma » et « la rhétorique de Macron : se moque-t-il de nous ? ».Conditions administratives non respectées
L'administration de l'ENS a indiqué que l'université populaire doit respecter le règlement de l'école, notamment ne pas occuper les locaux et se conformer aux consignes relatives aux activités associatives et aux intervenants extérieurs. Toutefois, ces conditions ne seraient pas respectées.Les étudiants réclament une action plus radicale
Maxime, étudiant en sciences sociales, a critiqué les cours actuels, qu'il juge « pas assez radicaux », et a exprimé le souhait que la mobilisation soit « politique, pas symbolique ». Lui et d'autres poussent à un engagement politique plus direct.Des blocus se propagent dans toute la France
Depuis le début du mouvement lycéen, des étudiants ont bloqué ou occupé plusieurs universités, ce qui a entraîné l'annulation ou le passage en ligne des cours. À Lille, Lyon et Rennes, des milliers d'étudiants ont continué à manifester mardi.Des universités populaires se tiennent en plein air
Près du boulevard Saint-Germain, une université populaire organisée par des étudiants de l'université Paris Cité se tient sur le trottoir, sous des bâches bleues. Les participants sont assis sur des palettes ou en tailleur, face à des bacs jaunes et verts qui bloquent encore l'entrée du bâtiment Saint-Pères.Un enseignant en sociologie analyse le mouvement de la jeunesse
David Gaborieau, enseignant en sociologie, présente une « tentative d'analyse » du mouvement de jeunesse actuel. Il a insisté sur l'importance de maintenir le lien avec les étudiants et de continuer à réfléchir au sein du mouvement.Les participants trouvent de la valeur à l'expérience
Des étudiants comme Marie, en licence de sciences sociales, et son camarade de classe Gabriel ont souligné l'intérêt de allier la contestation et l'apprentissage. Deux étudiants sont venus assister à un cours par curiosité, avec des amis, n'ayant eu que trois semaines de cours depuis la rentrée de septembre.