Une étude révèle de fortes inégalités éducatives en Seine-Saint-Denis, où les élèves disposent de moins d'établissements et de filières qu'à Paris.
Une étude met en lumière les inégalités éducatives
Une étude commandée par le Département de la Seine-Saint-Denis fait état de différences importantes d'accès aux lycées publics et aux filières éducatives entre ce territoire et d'autres régions de France, en particulier Paris. Ses conclusions soulignent que de nombreux jeunes de Seine-Saint-Denis disposent de choix limités en matière de lycées et de filières spécialisées, comparés à leurs homologues de la capitale.Les élèves réclament de meilleures conditions
Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis, a déclaré que les lycéens demandent davantage d'enseignants, de meilleurs équipements et un accès aux soins dans les établissements. Il a souligné que l'étude confirme les inégalités contre lesquelles les élèves des banlieues manifestent depuis plusieurs semaines, et a mis en avant leurs revendications pour un avenir meilleur.Une forte concentration d'établissements défavorisés
Selon l'étude, près de 59 % des lycées publics d'enseignement général et technologique de Seine-Saint-Denis accueillent des élèves issus des milieux sociaux les plus défavorisés. Ce chiffre est nettement supérieur à la moyenne nationale de 8 %. Dans les lycées professionnels, la proportion atteint 100 %, contre 69 % à l'échelle nationale.La carte scolaire limite l'accès
L'étude révèle que, dans certaines parties de la Seine-Saint-Denis, les secteurs scolaires ne comprennent que des lycées classés comme accueillant les élèves les plus défavorisés. Cette situation concerne 56 % des jeunes du département, alors qu'aucun jeune parisien n'est concerné. Seuls 6 % des jeunes de Seine-Saint-Denis ont accès à un lycée de la catégorie sociale la plus favorisée, contre 100 % à Paris.Un accès limité aux filières spécialisées
Le rapport montre également que seuls 37 % des jeunes de Seine-Saint-Denis ont accès aux combinaisons de spécialités les plus courantes en classe terminale de lycée général, alors que tous les élèves parisiens y ont accès. Pour les formations après le baccalauréat, seuls 28 % des jeunes de Seine-Saint-Denis ont accès aux classes préparatoires aux grandes écoles, contre 100 % à Paris.Les transports pèsent sur la formation professionnelle
Dans l'enseignement professionnel, l'accès aux formations dépend davantage des transports en commun que de la carte scolaire. L'étude indique que 70 % des jeunes de Seine-Saint-Denis ont accès à cinq spécialités professionnelles ou moins dans un rayon de 30 minutes de leur domicile. Toutefois, le département bénéficie d'un meilleur accès aux formations du baccalauréat professionnel que les territoires voisins, même s'il reste en retrait par rapport à Paris.Des pistes de solution face aux inégalités
Pour répondre à ces problèmes, l'étude suggère que l'achèvement du Grand Paris Express d'ici 2031 pourrait contribuer à réduire certaines disparités en améliorant l'accès aux établissements scolaires. Une révision de la carte actuelle des formations et une évaluation plus rigoureuse de la carte scolaire pourraient également favoriser un meilleur accès aux filières éducatives.Les défis à venir pour les établissements
Les chercheurs mettent en garde contre une baisse des effectifs d'élèves en Seine-Saint-Denis au cours des années 2030, qui pourrait entraîner des fermetures ou des fusions d'établissements, et ainsi réduire encore les choix offerts aux élèves. Il est donc d'autant plus important de remédier aux inégalités actuelles d'accès à l'éducation.